(Québec) Le point de presse quotidien sur la COVID-19 est l’outil le plus visible de l’offensive de communication du gouvernement. Mais il est loin d’être le seul, et plusieurs contrats substantiels ont été attribués ou le seront bientôt pour notamment « conserver la confiance de la population envers les actions gouvernementales ».

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Deux sondeurs – Léger et SOM – ont reçu récemment des contrats de gré à gré pour prendre le pouls des Québécois quant aux mesures mises en place durant la pandémie.

Puis, au cours des prochaines semaines, un important contrat doit être attribué à une agence publicitaire afin de créer une vaste campagne qui coïncide avec le déconfinement.

Ce contrat pourrait atteindre 15 millions sur un an, sans compter le coût des placements médias. Il peut être renouvelé deux fois pour un maximum de 45 millions.

L’assouplissement des mesures restrictives mises en place pour se protéger et protéger les autres pendant la pandémie pourrait créer de vives inquiétudes au sein de la population.

Extrait de l’appel d’offres du gouvernement

La campagne vise donc à « la préparer à ce retour progressif à la normale (nouvelle normalité) ».

L’offensive publicitaire doit aussi « conserver la confiance de la population envers les actions gouvernementales », peut-on lire dans l’appel d’offres. « Le gouvernement s’étant engagé à ce que les choses se passent bien (Ça va bien aller). »

Le gouvernement veut d’ailleurs mesurer cette adhésion à son message. « Après avoir été exposés aux pièces de la campagne, s’assurer qu’au moins 95 % des répondants du public cible ont confiance aux actions prises par le gouvernement du Québec. »

La campagne doit être diffusée de mai à décembre. Elle doit « soutenir l’ensemble des médias dans cette période de crise » et « il est donc impératif d’utiliser tous les médias ».

Compte tenu du sérieux de la pandémie, « l’angle humoristique ou absurde est à éviter », précise le document.

Une source du milieu publicitaire a qualifié ce contrat d’« immense ». Une autre a précisé que la somme de 15 millions par année est un maximum. Le gouvernement pourrait dépenser moins, mais cette importante enveloppe lui donne les coudées franches.

Onze agences, déjà qualifiées pour des contrats auprès du gouvernement, ont été appelées à soumettre une offre.

Deux sondages simultanés

En plus de l’offensive publicitaire, le gouvernement sonde les Québécois depuis le début de la crise grâce à au moins deux sondeurs.

L’Institut national de santé publique (INSPQ) a accordé le 7 avril un contrat de gré à gré de 828 000 $ à Léger. L’état d’urgence sanitaire permet d’accorder des contrats sans appel d’offres, peu importe leur valeur.

Ces sondages ont lieu quotidiennement sur le web et de manière hebdomadaire au téléphone. Ils visent entre autres à « évaluer les perceptions et l’adhésion de la population aux mesures de distanciation sociale », précise une porte-parole de l’INSPQ, Sybille Jussome.

Les données sont acheminées quotidiennement au ministère de la Santé et des Services sociaux sous forme de rapport.

Le ministère du Conseil exécutif, lequel relève de François Legault, a quant à lui accordé un contrat de gré à gré de 500 000 $ à SOM dès le début de la crise, le 10 mars.

« Le mandat de SOM est de mesurer, en temps réel, la portée et la compréhension des messages de santé publique, afin d’ajuster les stratégies de communication et de peaufiner les messages », explique Jean Auclair, porte-parole du ministère du Conseil exécutif.

Horacio Arruda avait fait référence vendredi dernier aux sondages menés par le gouvernement. Selon le directeur national de santé publique, ils indiquent que le confinement est mal vécu par une partie de la population.

« Je peux vous dire qu’on fait des sondages puis on voit l’état mental des personnes, des signes de dépression », avait lancé le Dr Arruda.

— Avec William Leclerc, La Presse