Chaque jour, nous répondons aux préoccupations des lecteurs.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Sait-on pourquoi il existe des cas asymptomatiques ? Si on pouvait faire en sorte que toutes les personnes infectées soient asymptomatiques, le problème serait-il réglé ?

Des travaux pour élucider cette question sont en cours, nous indique le Dr Christian Baron, vice-doyen à la recherche et au développement de la faculté de médecine de l’Université de Montréal. « Les recherches à travers le monde ont pour but de comprendre qui devient malade et d’atténuer les conséquences de l’infection avec des médicaments ou par la vaccination, pour que les personnes infectées restent asymptomatiques ou aient des manifestations peu sévères, comme pour un rhume. » 

De plus, « certains patients peuvent être en période d’incubation lorsqu’ils passent le test et sont donc asymptomatiques, mais développent ensuite des symptômes », rappelle le Dr Matthew Oughton, médecin traitant dans la division des maladies infectieuses et chef de section au laboratoire de microbiologie moléculaire de l’Hôpital général juif. « Il existe de nombreuses théories [concernant les cas asymptomatiques], y compris l’immunité partielle obtenue par une exposition antérieure à d’autres virus similaires. » 

Le fait que tout le monde ne puisse pas être testé n’est-il pas un indice que le bilan du nombre de cas (et même de morts attribuables à la COVID-19) est erroné ?

Le professeur du département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal Benoît Mâsse confirme qu’il y a « assurément plus de nouvelles infections que de nouveaux cas confirmés ». « Comme il n’est pas possible de tester toute la population chaque jour, on ne peut pas connaître le nombre de nouvelles infections chaque jour. » L’Institut national de santé publique (INSPQ) communique quotidiennement le nombre de cas confirmés au Québec. « Il y a encore beaucoup d’incertitude à savoir si le nombre total d’infections est 5, 10, 15 ou 20 fois plus grand », soutient M. Mâsse. La majorité des personnes infectées n’auront pas de symptômes, ce qui vient en soi considérablement influer sur les chiffres.

J’ai une cause à la Régie du logement dont l’audience est fixée à la mi-mai. Est-ce qu’elle sera maintenue ? Si oui, est-ce que de nouvelles règles de distanciation s’appliqueront ?

Cela dépend du motif de l’audience. Le 21 mars dernier, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation annonçait la suspension de la plupart des audiences. Seules les audiences relatives aux matières soulevant un risque pour la santé ou la sécurité d’une personne et celles concernant l’émission d’une ordonnance d’accès au logement sont maintenues, nous indique Denis Miron, du service des communications de la RDL. « La Régie du logement continue à suspendre ses audiences tant et aussi longtemps que l’état d’urgence sanitaire sera décrété, ajoute-t-il. Mentionnons que [les audiences maintenues] se tiendront à huis clos, c’est-à-dire sans présence de public dans les salles et que l’utilisation des moyens technologiques sera privilégiée. » Si votre audience est reportée, vous n’avez aucune démarche à faire, un nouvel avis de convocation vous sera transmis prochainement, précise-t-on sur le site de la Régie du logement.

Les personnes souffrant de diabète sont-elles plus vulnérables à la COVID-19 ? Si oui, pourquoi ?

La Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste, note que « les personnes souffrant de diabète semblent être plus à risque de complications si elles attrapent la COVID-19, mais ne sont pas nécessairement plus à risque d’attraper l’infection ».

« [Concernant] le risque de contracter la maladie, la réponse sera très différente entre un jeune patient avec le diabète de type 1 (risque faible) et une personne plus âgée avec le diabète de type 2 (risque significatif) », explique quant à lui le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, directeur de la clinique de diabète de l’Institut de recherches cliniques de Montréal. « Chez les patients avec la forme la plus fréquente (diabète de type 2), une partie du risque d’évolution défavorable semble liée en partie à des facteurs comme l’âge, l’obésité ou la présence de complications cardiaques ou rénales et au besoin de contrôler le taux de sucre », précise-t-il.

Ma fille de 11 ans s’inquiète du fait que nous ne puissions pas l’accompagner à l’hôpital si elle est hospitalisée. Jusqu’à quel âge pouvons-nous accompagner nos enfants s’ils doivent se rendre aux urgences et même être hospitalisés ?

Le CHU Sainte-Justine, qui prend en charge des patients de 0 à 18 ans, autorise un accompagnateur par personne hospitalisée ou aux urgences, indique Patsy Coulanges, agente aux relations médias de l’hôpital pour enfants. Ce proche, évidemment, ne doit pas présenter de symptômes de la COVID-19. Dans le cas d’une hospitalisation, « le parent qui ne présente aucun symptôme COVID-19 peut rester dormir avec son enfant, précise Mme Coulanges. Par contre, il doit strictement demeurer dans la chambre et ne doit pas circuler dans l’hôpital. Les relais entre parents pour assurer une présence au chevet de leur jeune sont autorisés et se font habituellement en soirée ». À l’Hôpital de Montréal pour enfants, deux parents ou un proche aidant peuvent rendre visite à un enfant, selon le site internet de l’établissement. En parallèle, voici un lien vers le Carrefour éducation du gouvernement du Québec, qui propose quelques ressources afin de parler de la pandémie avec ses enfants : 

> Consultez ces ressources

J’habite dans un immeuble résidentiel où les logements sont tous reliés par des bouches d’aération avec des sorties dans chaque pièce, y compris la hotte de cuisine. S’il y a quelqu’un atteint de la COVID-19 dans l’immeuble, peut-on être contaminé en respirant le même air ?

« À notre connaissance, la COVID-19 se propage par des gouttelettes respiratoires et par contact avec des surfaces contaminées. Aucun de ces moyens de transmission ne conduirait à une transmission par un système de ventilation tel que celui que vous avez dans votre immeuble », répond le Dr Matthew Oughton. Dans un immeuble de logements, signale l’expert, il est plus important d’accorder une attention particulière au nettoyage et à la désinfection des parties communes.