Une escouade d’employés de Rio Tinto spécialisés en prévention a répondu à l’appel du CIUSS du Saguenay-Lac-St-Jean pour l’aider à sécuriser les CHSLD, après une éclosion de COVID-19 qui a frappé durement un des 16 établissements de la région.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

L’équipe de dix volontaires travaille bénévolement depuis lundi avec le personnel du CIUSS pour organiser des milieux de travail sécuritaires pour les employés des CHSLD, explique Ivanka Lalancette, conseillère senior en santé et sécurité chez Rio Tinto.

Cette collaboration, qui constitue une première dans le milieu québécois de la santé, permet au CIUSS d’aller beaucoup plus vite dans la mise en place des mesures nécessaires pour sécuriser les CHLSD.

« On voulait un déploiement rapide, dit Alexandre Boivin, le directeur des ressources humaines du CIUSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On a des équipes de prévention, mais pas nécessairement l’expérience des moyens de distanciation et des équipements de protection ».

Rio Tinto, qui n’a pas cessé ses activités dans ses usines du Saguenay depuis le début de la crise, avait une longueur d’avance dans la mise en place des mesures de protection anti-COVID. « Ça nous a forcé à mettre en place rapidement une série de mesures », dit Ivanka Lalancette. Après avoir constaté l’état des lieux, son équipe a donc conseillé le CIUSS sur l’organisation des zones de travail, l’utilisation des équipements de protection et les nouvelles façons de faire à implanter.

Alexandre Boivin convient que faire appel à une multinationale pour prêter main-forte aux gestionnaires du réseau de la santé est inhabituel. Mais des entreprises comme Rio Tinto ont une expertise en prévention et en logistique reconnue, et qui s’est finalement avérée très utile. « On voit déjà les résultats », affirme le porte-parole du CIUSS.

La décision d’appeler Rio Tinto en renfort est arrivée à la suite de l’éclosion de COVID-19 survenue au CHSLD des Collines. Dix-sept des 21 décès attribués au coronavirus dans la région y sont survenus. L’établissement rapporte aussi 49 résidants et 59 employés infectés.

Avec l’aide de Rio Tinto, le CIUSS a pris les moyens pour protéger ses 15 autres CHSLD, affirme son porte-parole, et pour rassurer et garder les employés qui y travaillent.

L’équipe de Rio Tinto, qui n’avait jamais mis les pieds dans un CHSLD, a été impressionnée par le travail qui s’y fait, selon la gestionnaire. Cette première expérience a-t-elle donné les résultats escomptés ? « J’ose croire que oui », dit-elle.