L’aéroport de Mirabel devrait accueillir jeudi soir le plus gros avion au monde, l’Antonov AN-225, rempli d’équipements médicaux commandés en Chine par le gouvernement du Québec.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Il n’existe qu’un seul exemplaire au monde de cet avion-cargo exploité par l’entreprise ukrainienne Antonov Airlines. C’est l’entreprise québécoise Nolinor, en partenariat avec Momentum Solutions de Toronto, qui y a fait appel pour une importante livraison de matériel médical.

« Le plus économique actuellement, c’est de mettre le plus de matériel possible dans le même avion », résume Vincent Dufort, directeur des ventes de Nolinor. « L’AN-225, ce qui est le fun, c’est qu’on peut le remplir à la main et prendre tout l’espace. »

En plus d’être immense, explique M.  Dufort, l’appareil est conçu pour que chaque centimètre cube de son espace d’entreposage soit utilisé.

« Les boîtes de matériel sont généralement montées sur des palettes. Quand on place ces palettes dans un autre avion, il reste de la place sur le dessus, mais on n’a pas le droit de l’utiliser. »

La soute de l’Antonov est conçue de façon à ce que tout puisse être maintenu en place, comme l’exigent les règles. Au final, il en résulte qu’un seul voyage de cet appareil équivaut à environ 2,5 voyages d’un 747 cargo, selon Stephen Arbib, de Momentum.

Connaissances sur le terrain

Nolinor détient sa propre flotte d’appareils pour des vols de passagers nolisés ou du cargo, mais ceux-ci sont trop petits et ne conviennent pas à une telle opération. C’est pourquoi elle a fait appel à Momentum, une firme spécialisée dans les opérations logistiques pour le domaine militaire ou les organisations humanitaires.

« D’habitude, c’est eux qui font appel à nous », indique M.  Dufort.

Sauf que cette fois, les relations entre Momentum et Antonov, qui remontent à « des décennies », selon M.  Arbib, ont été bien utiles. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Momentum fait appel spécifiquement au AN-225, l’ayant notamment fait dans le cadre de la présence militaire canadienne en Afghanistan.

M.  Dufort se réjouissait que son entreprise ait obtenu la confiance du gouvernement du Québec pour cette opération.

« Le fédéral fait affaire avec Bolloré et ça ne fournit pas », déplore-t-il.

Les écueils sont nombreux pour la livraison de matériel provenant de la Chine ces jours-ci. Le Canada n’est pas le seul pays qui a vu certains de ses avions repartir vides.

« Les distributeurs ont besoin de gens qui ont des yeux et des mains sur place, affirme M.  Dufort. Tu ne peux pas diriger un convoi comme celui-là, avec je ne sais pas combien de camions, depuis ton sous-sol à Montréal. »

Momentum a utilisé son réseau pour recruter du personnel directement dans la région de Tianjin, le seul aéroport chinois qui peut accueillir le mastodonte. C’est Antonov qui fournit sur place les installations d’entreposage – où l’équipement était déjà arrivé mardi matin – et assurera le chargement à bord de l’avion.

L’Antonov AN-225 était mardi soir stationné à l’aéroport d’Almaty, au Kazakhstan, où il devait faire le plein avant de s’envoler pour Tianjin. En route vers Mirabel, il fera escale à Anchorage, en Alaska, pour la même raison.