(Toronto) La ministre de la Santé de l’Ontario affirme que selon un réseau hospitalier universitaire, 35 personnes pourraient être mortes pendant la pandémie parce que leur chirurgie cardiaque avait été reportée.

Allison Jones
La Presse canadienne

Christine Elliott a indiqué mardi que le rapport avait été publié par le « University Health Network » de Toronto, bien que cette agence régionale n’ait pas immédiatement répondu à une demande d’entrevue.

Des milliers de chirurgies dites « électives » ou « non urgentes » ont été reportées ou annulées afin d’assurer une capacité suffisante aux soins intensifs des hôpitaux pour faire face à une éventuelle augmentation du nombre de patients atteints de la COVID-19.

La ministre Elliott a qualifié de tragédie tout décès attribuable au coronavirus — directement ou indirectement. Mais elle ajoute que les gestes posés par son gouvernement pour lutter contre la pandémie ont permis de sauver des milliers de vies.

Dans un rapport publié mardi, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario indique qu’environ 52 000 procédures avaient déjà été annulées ou évitées à cause de la pandémie. On reconnaît que cette mesure de santé publique a permis d’alléger la pression sur les hôpitaux, mais on prévient aussi que plus ces procédures seront reportées, plus les risques seront grands pour ces malades.

Petite croissance des cas

L’Ontario signale mardi 525 nouveaux cas de COVID-19, ce qui met fin à trois jours consécutifs de baisse du taux de croissance des nouveaux cas. On déplore par ailleurs 59 décès supplémentaires.

Dans le cadre de la « feuille de route » annoncée lundi par le gouvernement ontarien pour un éventuel déconfinement en trois étapes, le médecin hygiéniste en chef devra d’abord constater une diminution constante, sur deux à quatre semaines, du nombre de nouveaux cas avant de conseiller au premier ministre de passer à la toute première étape. Le taux de croissance du nombre de cas est passé de 2,9 % lundi à 3,5 % mardi.

Avant de donner son feu vert, le docteur David Williams voudra aussi constater une baisse du nombre de nouvelles hospitalisations ; or, ces chiffres ont également augmenté mardi, bien que le nombre de personnes aux soins intensifs et sous respirateurs ait légèrement diminué.

Le nouveau bilan en Ontario est maintenant de 15 381 cas, 951 décès et 8964 cas résolus. Le ministère des Soins de longue durée signale par ailleurs 34 nouveaux décès chez les résidents de ces établissements — un nombre qui provient d’une base de données différente des chiffres provinciaux globaux.

Les foyers de longue durée

Alors que les responsables de la santé publique ont déclaré que la transmission communautaire avait atteint sa période de pointe, les cas dans les foyers de soins de longue durée augmentent encore. On signalait mardi des éclosions dans 154 foyers de soins de longue durée, contre 150 lundi.

Certains foyers ont été particulièrement touchés — 11 ont signalé au moins 20 morts. Le premier ministre Doug Ford a fait appel à l’armée pour cinq foyers de soins de longue durée : Orchard Villa à Pickering, Grace Manor à Brampton, ainsi que Hawthorne Place, Altamont Care Community et Eatonville Care Centre à Toronto. On avait recensé 48 morts au foyer Orchard Villa, 37 à Eatonville et 32 au foyer Altamont.

Deux foyers ont signalé mardi une augmentation importante des décès par rapport à la veille : le bilan au Meighen Manor de Toronto est passé de 22 morts lundi à 32 mardi, dans un établissement de 52 lits, alors que le total à Forest Heights de Kitchener est passé de 24 à 31 morts.

L’opposition néo-démocrate demande que les agences régionales de santé publique prennent en charge la gestion directe des foyers de soins de longue durée « là où les personnes âgées ne sont pas bien protégées ». Le NPD demande aussi que la province impose des exigences en matière de contrôle des infections, d’effectif et de communication avec les résidents et leur famille.