Les autorités sanitaires prévoient jusqu’à 1000 décès de plus d’ici une semaine au Canada, selon de nouvelles modélisations présentées mardi midi. L’Agence de la santé publique du Canada estime toujours qu’il pourrait y avoir de 4000 à 44 000 décès au pays pendant la pandémie malgré les strictes mesures en place.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Le bilan le plus récent faisait état mardi de 2766 décès liés à la COVID-19 et de 49 014 cas confirmés au Canada. Selon les plus récentes prévisions de l’Agence de la santé publique du Canada, il pourrait y avoir jusqu’à 3883 décès au pays d’ici le 5 mai, alors que dans le meilleur des scénarios, on compterait 3277 décès. Ces prévisions datent toutefois d’il y a quatre jours.

« Les modèles ne constituent pas une boule de cristal. Ils sont une estimation de ce qui pourrait se passer dans des scénarios hypothétiques. Ils nous permettent de nous préparer au pire », a nuancé Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique.

Pour ce qui est du nombre de cas, les experts prévoient de 53 196 à 66 835 cas confirmés d’ici mardi prochain. Selon Dr Njoo, il est inutile de faire des projections à plus long terme, puisque le niveau de confiance de celles-ci diminue rapidement.

L’Agence avait publié de telles projections à court terme il y a trois semaines. Or celles-ci n’ont pas visé juste, puisque les experts ont sous-estimé le taux de mortalité, notamment en raison du « nombre important d’éclosions dans les établissements de longue durée », a indiqué en point de presse le numéro deux de la santé publique canadienne.

Malgré le confinement et les mesures de distanciation sociale, le taux de transmission du virus au pays est toujours plus élevé que le nombre magique de 1, c’est-à-dire que chaque personne infectée continue d’en infecter en moyenne un peu plus qu’une autre personne. Au début de la pandémie, c’était toutefois un peu plus de deux personnes en moyenne qui étaient infectées par un cas positif, soutient Dr Njoo.

C’est pourquoi il faut « à tout prix » maintenir des mesures strictes, a martelé le sous-administrateur de la santé publique. Néanmoins, les provinces agissent avec « prudence » dans leur déconfinement, remarque Dre Theresa Tam. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada se réjouit que les provinces « progressent lentement et de façon sécuritaire » dans leur plan.

En effet, le Canada n’est pas à l’abri d’une seconde vague potentiellement pire que la vague actuelle, prévient Dre Tam. Il est donc impératif de s’assurer de détecter « très rapidement » les nouveaux cas pour s’assurer d’éviter cette deuxième vague.

Malgré la sous-évaluation du taux de mortalité ce mois-ci, l’Agence maintient ces scénarios de taux de mortalité et d’hospitalisation pendant toute la durée de la pandémie. Dans le scénario le plus optimiste de « contrôle plus strict de l’épidémie », il pourrait y avoir entre 4000 et 44 000 décès au pays, si de 1 à 10 % de la population est infecté.

Si des mesures de contrôle « plus faibles » sont mises en place, il pourrait y avoir 222 000 décès au pays. Dans le pire scénario, 355 000 Canadiens pourraient mourir, si 80 % de la population était infectée. Plus de deux millions de Canadiens seraient également hospitalisés dans ce scénario catastrophe.

De plus, le nombre de décès est sous-estimé pour ces derniers scénarios, puisque le taux de létalité devrait augmenter à « mesure que les capacités du système de santé seront dépassées », indique l’Agence.

Ces scénarios se basent sur les hypothèses suivantes : 7,8 % de tous les cas sont hospitalisés, 2,4% des cas sont traités aux soins intensifs et 1,2% des cas décèdent.