Chaque jour, nous répondons aux préoccupations des lecteurs.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

Les chiens peuvent-ils transmettre le virus ?

Non, on ne le croit pas. « Des données suggèrent que c’est un organisme dans lequel le virus pourrait se loger, mais il n’y a pas de démonstration que c’est le cas », affirme la professeure de biochimie Nathalie Grandvaux, qui dirige des recherches sur les infections respiratoires au CHUM.

Pourquoi le SRAS ne s’est-il pas répandu comme la COVID-19 ?

La stratégie adoptée pour stopper l’épidémie de SRAS en 2002 a été d’isoler systématiquement chaque cas. « La réponse était plus évidente parce que les personnes infectées avaient des symptômes majeurs », explique la chercheuse Nathalie Grandvaux. Le SRAS-CoV-2 est « super vicieux » et il y a beaucoup de gens infectés qui sont asymptomatiques. Le microbiologiste Christian Baron, vice-doyen à la recherche de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, ajoute qu’en plus, « les tests de dépistage ne donnent pas des résultats fiables à 100 % ».

Pour diminuer les risques de contagion, l’utilisation de solutions salines est-elle efficace ?

Pas du tout. « Les solutions salines peuvent aider à clarifier les voies respiratoires, mais ne peuvent pas limiter la contagion », précise Nathalie Grandvaux. Le meilleur moyen de se protéger contre la COVID-19 est de se laver souvent les mains et d’éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. « Ce virus a quelque chose de fragile, ajoute son collègue Christian Baron. Il ne peut survivre à l’extérieur du corps pendant longtemps. »

Les camps d’été seront-ils annulés ?

Nous l’ignorons. Le gouvernement n’a pas annoncé ses intentions, mais on peut penser que s’il rouvre les écoles avant la fin de l’année scolaire, il permettra aussi aux camps d’été d’accueillir des enfants. En attendant, plusieurs organismes sont inquiets. « On espère encore que ça va fonctionner, avoue Monique Lefebvre, responsable du secrétariat du Camp musical Père Lindsay. Si on ouvre, est-ce qu’on va pouvoir accueillir autant de campeurs ? On ne le sait pas. C’est sûr que c’est un mauvais quart d’heure à passer. » Le directeur du Camp Kéno se prépare aussi à ouvrir cet été, même s’il est en attente d’une directive gouvernementale. « On essaie d’adapter notre fonctionnement aux mesures de distanciation qu’on connaît », dit Réjean Roy.

Va-t-on ouvrir les jardins communautaires ?

Probablement. La Ville de Montréal devrait l’annoncer au cours des prochains jours. La professeure de biochimie Nathalie Grandvaux estime pour sa part que si les gens respectent la règle de distanciation de deux mètres, cela ne devrait pas poser problème, d’autant plus que c’est dehors.

Pourquoi certaines régions demeurent fermées alors que les épicentres de la pandémie ne le sont pas ?

C’est une mesure de prévention. Le but est d’empêcher que les « points chauds », comme Montréal et Laval, ne contaminent les régions où il y a moins de cas de COVID-19. La directrice régionale de santé publique, la Dre Mylène Drouin, est d’avis que cela ne servirait à rien de fermer certains arrondissements de la métropole parce qu’il y a de nombreux cas de transmission communautaire. Toutefois, les déplacements entre les quartiers et hors de la ville ne sont permis que s’ils sont essentiels. « Il est plus facile de prévenir que de guérir, signale Mme Grandvaux. C’est l’inverse qu’on a fait dans les CHSLD et on voit les résultats. »

Quelles sont les règles pour l’utilisation des ascenseurs par les travailleurs de la construction ?

L’employeur doit planifier les travaux de façon à respecter la règle de distanciation de deux mètres, édicte la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Si cela n’est pas possible pour une durée supérieure à 15 minutes sans « barrière physique », des mesures de protection, comme le port du masque et de la visière, doivent être prises pour garantir la sécurité des travailleurs. Ces derniers doivent aussi se laver les mains et éviter de toucher à leur visage.

Quelle est la différence entre un CHSLD public, privé, conventionné et non conventionné ? On en perd notre latin.

Il y a trois types de centres d’hébergement et de soins de longue durée au Québec : public, privé conventionné et privé. Les privés sont gérés par des propriétaires indépendants, tandis que le gouvernement intervient dans la gestion des publics et privés conventionnés. Dans les CHSLD publics et conventionnés, le financement provient entièrement du ministère de la Santé. Les conditions d’admission et les coûts d’hébergement sont les mêmes. La seule chose qui les distingue, c’est que les CHSLD privés conventionnés sont dirigés par des particuliers, propriétaires de leur immeuble. De leur côté, les CHSLD privés non conventionnés sont totalement indépendants et autonomes. Ils doivent cependant répondre à des normes et détenir un permis du ministère de la Santé pour fonctionner et héberger des personnes en perte d’autonomie.