La mairesse Valérie Plante est favorable au port du masque dans le métro et les autobus de Montréal pour contrer la propagation de la COVID-19, mais il n’est pas question de le rendre obligatoire comme le propose l’opposition officielle.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Pour Mme Plante, le masque doit être une mesure complémentaire aux consignes de prévention déjà en vigueur dans le transport collectif, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres grandes villes à travers le monde. Montréal se penche sur cette question depuis plusieurs semaines, a-t-elle indiqué. « Avec le déconfinement à venir, le respect de la distanciation de deux mètres deviendra de plus en plus un défi dans des endroits circonscrits comme le transport en commun », a précisé par courriel la mairesse à La Presse.

Il faut que les Montréalais et les Montréalaises s’habituent au port du masque, qui deviendra de plus en plus présent dans notre quotidien. […] Mais bien entendu, je rappelle qu’en ce moment, nos déplacements doivent s’en tenir à l’essentiel.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

De son côté, la Société de transport de Montréal (STM) travaille avec ses partenaires dont les autorités sanitaires et gouvernementales afin de proposer sous peu « un guide à l’intention des travailleurs du transport en commun », comme l’a mentionné le directeur national de la santé publique, DHoracio Arruda, en point de presse avec le premier ministre François Legault. « Dès que ces recommandations seront déposées et approuvées par la Santé publique, la STM, comme elle le fait depuis le début de la crise, les appliquera », a indiqué la porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay.

Plus tôt mercredi, le parti Ensemble Montréal a proposé que le port du masque soit obligatoire dans le métro et les autobus tant pour les employés que pour les usagers afin de ne pas propager la COVID-19.

Pour Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal qui forme l’opposition officielle à Montréal, « c’est une question de gros bon sens dans le contexte actuel ». « On pense que la population est prête à franchir le pas. Ce changement pourrait faire avancer le déconfinement », souligne-t-il.

Lundi dernier, l’opposition officielle avait soulevé la question du port du masque lors de l’assemblée du conseil municipal qui se déroulait de façon virtuelle. Le parti a rappelé que le personnel de la STM est au front depuis le début de la pandémie. « On sait que le syndicat des chauffeurs, entre autres, est inquiet de la situation. D’ailleurs, le taux d’absentéisme frôlerait 25 %. Cela pourrait mettre à risque les opérations de la STM », croit M. Perez.

Même si la Ville adopte des mesures en fonction des recommandations de la Direction régionale de la santé publique de Montréal, M.  Perez croit que « l’administration devrait montrer plus de leadership sur cette question » car Montréal est « une zone très chaude en terme de cas d’infections et de décès au coronavirus ».

En date du 21 avril, on dénombre 9856 cas confirmés sur l’île de Montréal et 647 décès. Les principales victimes de la COVID-19 sont les personnes âgées, notamment celles qui logent dans les CHSLD.

- Avec la collaboration de Bruno Bisson