(Québec) Le gouvernement du Québec envisage de recommander le port du masque dans les transports en commun, où respecter les règles de distanciation sera difficile au fur et à mesure que se déploie le déconfinement.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

« Nous allons probablement recommander, si la distanciation de deux mètres n’est pas possible, que les gens portent un masque », a avancé mardi le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

« Alors les gens qui seront dans les transports auront à porter un masque », a continué, dans une réponse en anglais, le DArruda. « Surtout si vous ne pouvez respecter les deux mètres. »

Il est impossible pour l’instant de préciser si les autorités envisagent d’obliger le port du masque dans les transports en commun ou simplement de le recommander.

Obligatoire pour policiers et inspecteurs

Depuis mardi, une nouvelle consigne de la CNESST impose toutefois le port du masque chirurgical, des lunettes de protection et des gants en tout temps pour les policiers et les inspecteurs de la STM qui patrouillent le métro.

La décision fait suite aux discussions entourant le cas d’un policier affecté au réseau du métro, qui s’est retrouvé aux soins intensifs après avoir contracté la maladie. Rien ne prouve pour l’instant que l’agent a été infecté au travail, mais la dégradation de son état avait inquiété ses collègues.

« En raison du caractère souvent imprévisible de leurs interventions, la nouvelle consigne de porter le masque et les lunettes en tout temps s’applique à nos inspecteurs à partir d’aujourd’hui, mais pas aux autres employés du métro. En effet, ces derniers pourront avoir recours à un masque et des lunettes si le besoin se présente, en plus du matériel régulier (incluant des gants) », a déclaré la porte-parole de la STM, Isabelle A. Tremblay.

« Cette nouvelle consigne ne applique pas à la clientèle », a-t-elle précisé.

Vidéos explicatives

Pour la population en général, le Dr Horacio Arruda a réitéré l’intention du gouvernement de produire des vidéos explicatives sur l’usage du masque. « Ce n’est pas dans notre culture comme ce l’est à Hong Kong ou dans d’autres pays », dit-il.

La position du directeur national de la santé publique sur le masque a évolué dans les dernières semaines. Le 18 mars il déconseillait aux Québécois de porter un masque. Plus récemment, il a émis plusieurs réserves sur leur utilité et a évoqué le faux sentiment de sécurité qu’ils pourraient créer chez ceux qui les portent.

Mais lundi, le DArruda a annoncé l’adoption imminente d’une « position nouvelle » sur le masque. Cette nouvelle stratégie doit s’axer sur le masque artisanal, puisque les masques commerciaux sont rares et que le réseau de la santé en manque.

« Mes équipes, actuellement, sont en train de regarder ça. Et il y a une littérature qui commence à démontrer que, peut-être, le port du masque pourrait être un élément contributif à une diminution des épidémies, a expliqué lundi le DArruda. Mais il faut le faire adéquatement, c’est ça que je tiens à vous dire dans les faits. »

« Considérant que les évidences scientifiques demeurent peu concluantes et que l’efficacité spécifique du masque est toutefois très relative, rendre obligatoire son port doit être bien réfléchi. Un avis scientifique pour la situation du transport en commun, de façon spécifique, est d’ailleurs attendu sous peu », a expliqué de son côté la porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Hélène Émond.