Les écoles de la province ne rouvriront pas le 4 mai, mais Québec n’exclut pas d’ouvrir les garderies et les services de garde avant que les classes reprennent. Une chose est certaine, disent les directions d’école : le retour ne se fera pas en même temps pour tous les élèves.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

En point de presse lundi, le premier ministre a indiqué que lorsqu’il annoncera une réouverture des classes, il faudra à partir de ce moment compter deux semaines pour que le réseau scolaire soit prêt.

« Aujourd’hui, je ne vous annonce pas qu’on rouvre les écoles », a déclaré François Legault lundi, sans fixer de date pour une éventuelle réouverture. Celle-ci sera d’abord guidée par les questions de santé, a répété le premier ministre. Ce ne sera toutefois pas avant la mi-mai.

Si les directions n’ont pas le contrôle sur la date, l’absence de scénario précis pour un éventuel retour à l’école en laisse plusieurs sur leur faim. Ce qui semble être la seule certitude pour l’instant, c’est que la rentrée sera progressive.

« L’école ne recommencera pas avec tout le monde en même temps cette année. Ça, c’est clair, net et précis », soutient Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

Quelle que soit la date du retour à l’école, « penser que tout le monde va revenir en même temps, ça ne serait pas réaliste », dit pour sa part la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), Josée Scalabrini.

Pour le reste, l’incertitude demeure et l’impatience commence à se faire sentir.

Malgré les rencontres qu’on a eues, malgré qu’il se fait des échanges avec le ministère [de l’Éducation], nous n’avons toujours pas les scénarios.

Josée Scalabrini, présidente de la FSE

L’école pourrait, par exemple, être facultative. « Qu’est-ce qu’on va faire avec les plus vulnérables ? Si ça ne se passe pas pour tout le monde en même temps, est-ce qu’il y aura des suivis professionnels, est-ce qu’on aura de l’appui des travailleurs sociaux ? Est-ce qu’il y aura du support technique pour ceux qui vont continuer de la maison ? », demande la présidente de la FSE.

Le plus tôt possible

Peu importe qui retournera en classe en premier – les petits, les grands, les élèves défavorisés –, il faudrait le préciser le plus tôt possible, dit aussi la FQDE.

« Il faudra publiciser le scénario, notamment pour les parents. Si on annonçait le retour à l’école, il y en a plusieurs qui poseraient des questions, avec raison. Il faut sécuriser tout le monde. Le personnel, les parents, les élèves », dit son président Nicolas Prévost.

En effet, la fédération qui représente une bonne partie des parents du Québec a « hâte d’avoir la réponse » sur ce qui s’en vient pour les enfants.

Et quand on l’aura, il faudra répondre à bien des questions. « Il y a autant de réalités différentes que de parents. Il y a des familles monoparentales, des familles qui vivent avec des personnes âgées, des enfants sont à risque », illustre le président de la Fédération des comités de parents du Québec, Kevin Roy.

Les garderies pourraient ouvrir en premier

L’ouverture des écoles attendra, mais les travailleurs qui retourneront au travail au cours des prochaines semaines pourraient avoir besoin d’aide pour garder leurs enfants, alors que les grands-parents – plus vulnérables face au virus – doivent encore s’isoler et ne peuvent pas les garder.

« Ça fait partie […] des choses que l’on regarde, d’élargir les services de garderie pour les travailleurs qui doivent puis qui peuvent retourner travailler », a affirmé lundi le premier ministre.

Une déclaration qui a pris par surprise l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

« On a commencé à avoir des discussions, mais le quand et le comment n’étaient pas encore décidés. Ce qui nous a été demandé, c’est de sonder nos membres et d’apporter des points de vigilance », dit sa présidente Geneviève Bélisle.

Il faudra que l’entrée des petits à la garderie soit « progressive » et que les ratios enfants/éducatrice soient bas, dit-elle. Et comme pour l’école, « il faudra trouver un moyen de communiquer ça aux parents, pour ne pas qu’ils vivent des inquiétudes ou des insatisfactions en arrivant par exemple dans un CPE qui serait déjà plein », illustre la présidente de l’AQCPE.

– Avec Hugo Pilon-Larose, La Presse