(Ottawa) Le gouvernement doit « poursuivre l’amélioration » de la prestation canadienne d’urgence (PCU) et « saisir l’occasion » pour la transformer en revenu minimum garanti, plaident 50 sénateurs - une expérience dont on pourrait tirer des enseignements pour le futur, selon eux.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Même si elle a été élargie depuis sa création, la prestation canadienne d’urgence (PCU) laisse en plan un trop grand nombre de Canadiens, soulèvent 50 membres de la chambre haute dans une lettre envoyée à Justin Trudeau et à sa vice-première ministre, Chrystia Freeland.

Il faudrait donc la restructurer « dans l’intérêt d’une plus grande équité socio-économique ainsi que d’une efficacité accrue », c’est-à-dire en « utilisant le rôle d’imposition pour verser un revenu minimal en temps de crise à tous ceux qui sont dans le besoin », argue-t-on dans cette missive.

« En un tournemain, l’ARC [Agence de revenu du Canada] peut verser ces paiements par dépôt direct ou les envoyer par la poste. C’est maintenant que les personnes démunies ont besoin d’aide », écrivent les sénatrices Frances Lankin et Kim Pate au nom de leurs collègues.

Car en préconisant une approche étapiste pour l’élargissement des critères d’admissibilité de la prestation d’urgence de 2000 $ par mois, prolonge inutilement l’attente pour les Canadiens « qui en ont le plus besoin », fait-on valoir.

« Chaque nouvelle initiative prend du temps à élaborer et à mettre en œuvre, laissant les personnes les plus vulnérables dans une situation de détresse chronique », écrivent les sénatrices dans cette missive, qui a aussi été envoyée au ministre des Finances Bill Morneau.

« La superposition de chaque correction apportée à la PCU […] retarde le moment où cette aide cruciale parviendra aux personnes qui sont déjà les plus vulnérables sur le plan économique et, par conséquent, sur le plan de la santé », selon les sénateurs.

Et lorsque la tempête de la COVID-19 sera passée, on devrait tirer des leçons de l’expérience « pour élaborer des réformes sociales et économiques, et créer un héritage positif pour tous les Canadiens », écrivent les membres de la chambre haute.

Plusieurs sénateurs québécois, dont l’ancienne paralympienne Chantal Petitclerc, l’ancienne présidente du Conseil du statut de la femme Julie Miville-Dechêne et l’ex-maire et président de l’UMQ Éric Forest, appuient la démarche.