Les policiers de Montréal réclament que la CNESST enquête sur le risque de propagation de la COVID-19 dans le métro, maintenant que deux des agents affectés à la patrouille du réseau souterrain ont contracté la maladie, dont un qui se trouve aux soins intensifs dans un coma artificiel.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Rien ne prouve pour l’instant que le policier qui est présentement intubé à l’hôpital et son collègue ont été infectés au patrouillant dans le métro. Mais la dégradation de son état a fortement perturbé ses collègues, qui s’inquiètent du risque de propagation pour les agents qui passent la journée dans les tunnels et les wagons.

« Contrairement aux gens qui sont là en transit, nous avons une centaine de policiers qui sont là à temps plein. On veut juste s’assurer que ce soit fait de façon sécuritaire », explique le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francœur.

La Fraternité a écrit une lettre à la directrice générale des opérations en prévention-inspection de la CNESST, pour exiger une enquête et une révision des façons de faire dans le métro. La Presse en a obtenu copie.

« Le métro constitue à l’heure actuelle un espace public à haut risque de contamination », affirme la lettre, signée par l’avocat du syndicat, MLaurent Roy. Ce dernier s’interroge sur le matériel de protection qui devrait être utilisé, les techniques d’intervention qui devraient guider les interactions avec le public et l’opportunité d’effectuer des tests rapidement pour les agents affectés au métro.

MRoy cite le gros déplacement d’air provoqué par l’arrivée d’une rame en station, la difficulté de maintenir la distanciation et l’absence de contrôle de l’accès comme des facteurs qui contribuent au « niveau de risque élevé auquel les policiers de Montréal sont confrontés ».

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

« Les mesures mises en place présentement par le SPVM sont, aux yeux de la Fraternité, inadéquates », ajoute-t-il.

Retirés puis ramenés

La lettre révèle par ailleurs qu’au début de la crise, le SPVM avait retiré ses patrouilleurs du réseau souterrain, avant de se raviser. « Il n’y a pas très longtemps, le SPVM a jugé que le niveau de risque dans le métro fait à ce point élevé, qu’il en a retiré ses effectifs policiers, du moins en ce qui a trait à la patrouille préventive. À l’insistance de la STM, le SPVM a révisé sa position », lit-on dans la missive.

« Dans ce contexte, il est impérieux que la CNESST entreprenne d’urgence une enquête », poursuit la lettre.

« Qu’entend faire la CNESST pour remédier à la situation qui prévaut dans le métro ? La santé publique en est-elle informée ? Un inspecteur de la CNESST a-t-il été désigné pour faire enquête sur la situation ? » demande le document.

Samedi, des policiers ont fait une haie d’honneur devant le Centre universitaire de santé McGill pour honorer leur confrère qui repose toujours aux soins intensifs.