Au milieu du confinement général, ils continuent à se rendre sur leur lieu de travail pour assurer le bon fonctionnement de la société. Aujourd’hui, un agent de bord qui assure des vols de rapatriement malgré les risques de contamination.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Maroc, 21, 23 et 25 mars 2020. En pleine pandémie, l’agent de bord Dimitry Jean-Baptiste, du transporteur aérien Air Canada, procède à l’embarquement avec son équipage.

Phénomène rarissime, l’avion est arrivé vide depuis le Canada. En temps normal, il y a toujours des passagers à l’aller comme au retour. L’appareil a été désinfecté de fond en comble, jusqu’aux soutes, avant de prendre son envol. Les agents de bord sont équipés de gants, de masques et de blouses de protection.

« Une mission de sauvetage », résume l’agent de bord, s’estimant chanceux d’avoir conservé son emploi grâce à son ancienneté.

Contrairement à l’habitude, l’équipage n’a pas pu profiter des effluves d’une longue escale au Maroc. L’avion a atterri dans un aéroport bouclé pour cause de pandémie de COVID-19. Sur le tarmac, le personnel de bord est allé à la rencontre de Canadiens épuisés, apeurés, à bout de nerfs.

« Il y avait des pleurs. Je me rappelle que certains passagers devaient laisser derrière de la famille, des proches. Même des agents ont pleuré en participant à la mission de sauvetage. On a ressenti beaucoup d’émotions. Du soulagement, aussi. Et j’ai ressenti un grand sentiment de fierté de représenter le Canada. »

Des journées de 20 heures

En une semaine, M. Jean-Baptiste a participé à trois rapatriements. Chaque fois, lui et son équipe ont abattu des journées de 20 heures. Malgré des mesures de vol et d’hygiène très strictes, il garde en tête la gratitude, les remerciements des passagers les ramenant au Canada.

« Les avions étaient pleins. Je dirais qu’au moins 70 % des passagers portaient des masques. Ils étaient soulagés d’arriver chez eux. »

Le transporteur Air Canada a annoncé, le 30 mars, plus de 15 000 mises à pied temporaires, puis, le 8 avril, une réembauche prochaine grâce au programme fédéral d’aide aux entreprises. De ce nombre, au moins 5000 agents de bord.

Pour le moment, au départ de Montréal, certains agents de bord, comme Dimitry Jean-Baptiste, continuent d’assurer des liaisons vers Paris, Londres et Francfort ainsi que les destinations canadiennes de Toronto, Halifax, Calgary et Vancouver.