Chaque jour, nous répondons aux préoccupations des lecteurs

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Mon fils a reçu un appel de son patron disant qu’il allait pouvoir recommencer à travailler dans le domaine automobile, sauf que la garderie fréquentée par son enfant, qu’il élève seul, est fermée. Il fait quoi avec son enfant dans ce cas-là ? S’il refuse de travailler, est-ce qu’il risque de perdre son emploi ?

Voilà une situation embêtante. Les services de garde d’urgence sont pour l’instant réservés aux travailleurs essentiels de la première heure, c’est-à-dire principalement les employés des secteurs de la santé et de la sécurité publique. Le gouvernement n’a pas élargi le service à d’autres types de travailleurs aujourd’hui considérés comme essentiels. Il faudrait donc qu’il trouve quelqu’un pour garder l’enfant chez lui, soit un membre de sa famille immédiate (qui n’est pas à risque et qui est en santé), soit une gardienne.

En tant qu’entrepreneur en aménagement paysager, ai-je le droit de faire du covoiturage avec mes employés ou est-ce que chacun doit prendre son véhicule ? Est-ce qu’un passager assis à l’arrière respecte la distance de deux mètres ?

On présume évidemment que vous êtes en santé et que vous n’avez aucun symptôme de la COVID-19. Évidemment, les rassemblements, intérieurs et extérieurs, sont interdits, mais il y a quelques exceptions, dont les « rassemblements dans un moyen de transport ». Cela dit, vous devez maintenir, dans la mesure du possible, une distance minimale de deux mètres entre vous, surtout si vous n’habitez pas sous le même toit. Est-ce possible ? À vous de voir. Si c’est trop compliqué, il est peut-être plus simple que chacun prenne son véhicule.

Au cours des derniers jours, nous avons eu de forts vents. Est-ce que le virus peut être transporté par le vent et ainsi voyager sur de longues distances pour, par exemple, partir de la région de Montréal (très affectée) et s’en aller vers une région qui le serait moins ?

Non. Les virus ne courent pas les rues. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les études menées à ce jour indiquent que le virus responsable de la COVID-19 est transmissible par contact avec des gouttelettes respiratoires et non par voie aérienne. Ces gouttelettes sont projetées lorsqu’une personne tousse, éternue ou parle, elles sont trop lourdes pour rester en suspension dans l’air et tombent rapidement sur le sol ou sur une surface. Là, oui, elles peuvent rester un certain temps – de quelques heures à quelques jours.

Je devrais être embauchée dans un CHSLD près de chez moi. Mon mari, qui est entrepreneur en construction, doit retourner au travail (il travaille dans un bureau et non sur le chantier). Y a-t-il un risque de contagion entre nous ?

Dès le moment où vous retournerez tous les deux travailler, vous aurez des contacts avec des gens qui pourraient être porteurs du virus (qu’ils soient symptomatiques ou asymptomatiques). Donc, oui, il y a des chances que vous attrapiez le virus et que vous contaminiez votre conjoint, ou l’inverse. D’où l’importance de suivre à la lettre les consignes sanitaires de la Santé publique : lavez-vous les mains le plus souvent possible, maintenez une distance de deux mètres avec les membres de votre entourage et, dans le cas de la personne qui travaille en CHSLD, suivez toutes les règles de prévention en place. Pour minimiser les risques de contagion, de nombreux travailleurs de la santé ont fait savoir qu’ils lavaient leurs vêtements et prenaient une douche en rentrant chez eux, même si le risque ne peut jamais être réduit à zéro.

Est-ce que les entrepreneurs en rénovation et en reconstruction après sinistre font partie de ceux qui recommencent à travailler le 20 avril, à la suite de l’annonce du gouvernement Legault ?

Oui. En fait, selon les informations rendues disponibles par le gouvernement du Québec, les entreprises associées aux « urgences environnementales » sont considérées comme des services essentiels depuis le début de la pandémie. En cas de sinistre, les entreprises étaient donc autorisées à intervenir pour mettre en place des mesures d’urgence – nettoyer, désinfecter, etc. Pour ce qui est de la reconstruction après sinistre, les entreprises pourront rouvrir à partir du 20 avril en mettant en place des mesures de distanciation physique.

Je demande des soumissions pour le nettoyage des conduits d’air de ma maison. Une entreprise m’a dit qu’elle était prête à faire le travail, affirmant que c’est un service essentiel. Est-ce un service essentiel ou dois-je attendre le déconfinement pour ce type de service ?

Il n’y a rien sur le site du gouvernement du Québec qui indique que le nettoyage des conduits d’air est un service essentiel. Pour quelle raison voulez-vous procéder à ce nettoyage ? Est-ce pour une question de santé ? Nous vous conseillons plutôt d’attendre quelques semaines, afin de voir comment la situation évolue. De toute façon, la volonté du gouvernement est de rouvrir progressivement certains secteurs de l’économie. 

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