(Montréal) Alors que la mairesse Valérie Plante annonce qu’elle dévoilera sous peu un vaste « plan de relance » du Grand Montréal, des voix s’élèvent pour multiplier les artères piétonnes à travers la métropole.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Des leaders en mobilité urbaine de plusieurs arrondissements souhaitent que Montréal s’inspire de la ville d’Oakland, en Californie, où un plan est en branle pour transformer 120 kilomètres de voies en corridors piétonniers et cyclistes. Une solution ambitieuse jugée viable pour respecter la distanciation sociale, a déjà fait valoir la mairesse de l’importante municipalité de la baie de San Francisco.

À Montréal, la mairesse Valérie Plante entend présenter son « plan de relance » au début du mois de mai. L’enjeu principal de cette relance est le respect de la règle de distanciation de deux mètres entre les citoyens, a-t-elle expliqué, mardi, lors d’une vidéoconférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« La règle de deux mètres est majeure, c’est toute la question de la santé publique qui prime. Tout le monde me pose la question. Comment ça va se passer au salon de coiffure, sur les trottoirs, à la banque, dans les transports collectifs ? Chaque secteur est très différent et nous y réfléchissons. Nous, on se demande, par exemple, comment on va occuper le domaine public, les trottoirs, les rues. »

On va devoir repenser l’espace public.

Valérie Plante

Dans les derniers jours, Pierre Rogué, de l’Association pour la mobilité active de Rosemont–La Petite-Patrie, a pris le téléphone pour établir un consensus de relance avec les leaders des associations pour la mobilité de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal, de Verdun, de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et du canal de Lachine. Selon les associations, il faut enlever des zones de stationnement pour élargir les trottoirs dans les artères commerciales.

« Je pense à la rue Ontario, à Verdun, à la rue Masson, à Wellington ou à Notre-Dame, à Lachine, dit-il. On peut également penser à des files d’attente élargies devant les commerces. Il faut assurer une circulation lente et contrôlée », ajoute M. Rogué.

À la Société de développement commercial (SDC) du Village gai de Montréal, la direction a annoncé l’annulation de la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est au début de la pandémie. Sans être en mesure d’en dévoiler les détails, la SDC s’apprête à faire des annonces dans les prochains jours pour relancer l’économie du quartier.

Horaires de travail

Dans la foulée de son allocution devant la chambre de commerce, la mairesse Plante a ajouté que les entreprises pourraient commencer à repenser les horaires de travail pour ne pas engorger les transports en commun aux heures de pointe. Le télétravail a porté ses fruits dans de nombreuses organisations.

Valérie Plante se dit également très consciente de l’impact de l’annulation des festivals, des grands événements culturels, sur l’économie montréalaise. À cet égard, elle s’engage à « honorer » les engagements financiers de son administration municipale.

La mairesse a fini sur une note d’espoir en déclarant que son équipe travaillait à l’élaboration d’un « grand événement » qui viendrait célébrer la relance du Grand Montréal. « Ce ne sera pas pour demain, mais on souhaite un grand événement. Plus que jamais, on veut faire rayonner Montréal », insiste-t-elle.

Les chantiers résidentiels

Consciente des enjeux qui s’en viennent avec les déménagements du 1er juillet, la Ville de Montréal entend appuyer le milieu locatif et de la construction. « Avec la pandémie, on ajoute une couche à une crise du logement qu’on anticipait déjà, a-t-elle expliqué. Déjà, on invite les gens dans le besoin à appeler la ligne 311. Nous veillons au maintien du bureau pour l’obtention des permis de construction. Mais encore faut-il que d’autres commerces, notamment les entreprises de portes et fenêtres, soient ouverts. »