(Ottawa) L’épidémie de COVID-19 a provoqué une augmentation du nombre de prédateurs sexuels d’enfants en ligne que les organisations, les gouvernements et les parents doivent prendre plus au sérieux, a déclaré la chef de l’agence des Nations unies pour l’enfance.

La Presse canadienne

« Nous avons quelques signes inquiétants, à savoir que les prédateurs en ligne sont vraiment… ils se multiplient », a déclaré Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne cette semaine.

La moitié des enfants de la planète n’allant pas à l’école en ce moment à cause de la pandémie, Mme Fore indique que la situation a créé de nouveaux risques pour les jeunes qui passent maintenant plus de temps sur l’internet.

« Parce que les enfants sont plus en ligne, ils sont vulnérables. Et souvent, on ne leur a pas appris à réfléchir à leurs activités en ligne, à la façon d’avoir une discussion vidéo et ce que l’on peut faire et ne pas faire », a-t-elle noté.

« Il y a beaucoup de manipulation, beaucoup de sextos, beaucoup de trafic. »

L’UNICEF, a-t-elle dit, a des discussions avec des sociétés technologiques, car elles peuvent en faire beaucoup pour lutter contre ce problème.

« Nous discutons également avec les gouvernements de ce qu’ils peuvent faire. Pouvons-nous supprimer des sites ? Pouvons-nous filtrer les vidéos avec de l’intelligence artificielle ? », a-t-elle expliqué.

Mme Fore a également appelé les gouvernements à interdire certains sites web qui sont clairement utilisés par les prédateurs.

« Mais nous devons également nous assurer que nos jeunes reçoivent une bonne éducation. Ils doivent pouvoir se protéger. »

Mme Fore a encouragé les parents à diriger leurs enfants vers le site web interactif U-Report de l’UNICEF — https://oneyouth.unicef.ca/en/u-report — qui est gratuit et confidentiel pour les jeunes de 13 ans et plus.

Mme Fore a précisé que se tenir à jour sur les nouvelles plateformes en ligne qui permettent aux enfants et aux adultes de parler en groupe représente un travail constant. Elle n’a pas fourni d’exemples spécifiques de nouveaux sites web ou de services, mais a précisé : « Nous les examinons, nous les évaluons, nous parlons à chacune des entreprises. »

« Nous espérons simplement que tout le monde se rend compte qu’il a une responsabilité envers les enfants de ce monde, et c’est de les garder en sécurité et de les éduquer en même temps. »

Les nouvelles menaces en ligne sont également aggravées par les cas croissants d’abus physiques et sexuels auxquels certains enfants sont désormais exposés dans leur propre maison en raison de la fermeture des écoles et de la distanciation sociale, a ajouté Mme Fore.

« Les enfants allaient à l’école pour s’en éloigner. Mais maintenant, ils sont à la maison. Le nombre d’appels que nous recevons, le nombre de plaidoyers que nous recevons augmentent de la part des enfants à la maison. »

L’environnement de télétravail forcé nuit également aux enfants, a-t-elle déclaré, et Mme Fore a mis le fardeau sur les employeurs pour qu’ils ne permettent pas que cela se produise.

L’UNICEF s’est maintenant transformé en une opération internationale de télétravail et Mme Fore a dit aux membres de son personnel qu’ils sont d’abord parents, puis enseignants, puis employés de l’UNICEF — dans cet ordre.

« Plusieurs d’entre nous travaillent si fort, nous devons avoir des employeurs qui comprennent que c’est une période difficile. Donc, vous ne pourrez peut-être pas remettre ce rapport à temps parce que vous devez simplement parler à votre enfant. »