Au milieu du confinement général, ils continuent à se rendre sur leur lieu de travail pour assurer le bon fonctionnement de la société. Chaque jour, nous vous présentons une de ces personnes dévouées qui font la différence. Aujourd’hui, un animateur de radio de Fermont qui a troqué la musique contre l’information. 

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Le changement de vocation s’est fait du jour au lendemain.

Dès le déclenchement de l’état d’urgence sanitaire, le 13 mars, la station de radio communautaire CFMF de Fermont est devenue la référence en information pour la petite ville minière du Nord québécois.

La veille encore, la station était « surtout une radio musicale », raconte Karl Gagné-Côté, qui cumule les rôles de directeur de la station, animateur, responsable de la programmation, de la production, du routage et de la publicité.

« On s’est revirés de bord assez rapidement ; on a mis la priorité sur l’information locale », raconte-t-il, une tâche facilitée par le « bon réseau de contacts » qu’il entretient dans la municipalité de 2500 personnes qu’il habite depuis 14 ans.

Tant les autorités que les membres de la communauté se sont tournés vers la station de radio pour joindre la population, d’autant que le journal communautaire a interrompu ses activités en raison de la crise, indique Karl Gagné-Côté. « Pendant la crise, il n’y a que nous », souligne Karl Gagné-Côté.

Les auditeurs sont au rendez-vous, constate-t-il.

« Même des gens qui avaient l’habitude d’écouter Spotify nous disent : “Je vous ai redécouverts” », raconte l’Abitibien d’origine, heureux des remerciements qu’il reçoit de sa communauté.

« Une extension de notre maison »

Karl Gagné-Côté n’a même pas besoin de faire du télétravail : « On est juste deux employés : ma blonde et moi, lance-t-il. La station de radio, c’est un peu comme une extension de notre maison, on est juste nous deux. »

PHOTO FOURNIE PAR KARL GAGNÉ-CÔTÉ

Karl Gagné-Côté, dans le studio de la radio communautaire CFMF, à Fermont

La station CFMF est représentative de ce qui se passe dans les 35 autres radios communautaires de la province, qui sont « vraiment centrées sur leur mission de service public et d’information locale », souligne Martin Bougie, directeur général de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec.

Mais elles aussi souffrent de la chute des revenus publicitaires, qui représente plus de la moitié de leur financement.

« Les radios communautaires fonctionnent à 120 % avec 80 % de revenus de moins », indique M. Bougie, qui aimerait que les mesures d’aide gouvernementales visent le contenu plus que le contenant.

À Fermont, la radio CFMF a pu limiter les dégâts, assure Karl Gagné-Côté.

« On est parmi les chanceux qui s’en sortent bien. »