Au milieu du confinement général, ils continuent à se rendre sur leur lieu de travail pour assurer le bon fonctionnement de la société. Chaque jour, nous vous présentons une de ces personnes dévouées qui font la différence. Aujourd’hui, une coiffeuse qui a trouvé une façon originale d’exercer son métier à distance.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

Le salon Au Barbershop Coiffure, où travaille Sophie Morin, n’a pas attendu la directive gouvernementale. Situé près du métro Berri-UQAM, par lequel transitent énormément de voyageurs, il a fermé ses portes dès le 16 mars.

Six jours plus tard, le 22 mars, Mme Morin s’est tournée vers Facebook pour aider ses clients. « J’étais due pour couper mon toupet, j’ai décidé de prendre les outils avec lesquels j’ai commencé il y a 20 ans : des ciseaux de cuisine, un peigne, une vieille bobépine. » Installée devant le miroir de sa salle de bain, la blonde coiffeuse a filmé l’opération en direct. En une dizaine de minutes, elle montre comment réaliser une frange effilée avec les moyens du bord. « Je ne vous recommande pas, en ces temps de crise, d’essayer d’avoir un toupet très droit… », prévient-elle au début de l’opération.

> Regardez la vidéo de Sophie Morin

Trois jours plus tard, elle a récidivé en utilisant son copain Vincent comme mannequin, afin d’illustrer comment rafraîchir favoris et tours d’oreille.

Et comme des centaines de milliers de Québécois, elle expérimente avec le télétravail. Ses clients qui veulent couper leurs propres cheveux ou ceux d’une autre personne peuvent prendre un rendez-vous en vidéo FaceTime pour qu’elle les guide durant l’opération.

Son intervention la plus délicate jusqu’ici : une cliente dont le copain avait un besoin pressant d’une coupe pour retrouver une apparence plus professionnelle. « Je l’ai accompagnée étape par étape, on prenait notre temps, on riait, c’était très rassembleur », raconte Mme Morin.

Elle a aussi accompagné un client qui souhaitait faire son propre tour d’oreille à la tondeuse.

« Ça reste quand même un service d’urgence. En temps de pandémie, il y a beaucoup de critères qui ont diminué », dit-elle avec un sourire dans la voix.

Vu le caractère expérimental de la formule, elle ne facture rien pour l’instant, se contentant d’accepter les contributions volontaires. Et les teintures ne font pas partie de son offre de services. « Le seul conseil que j’ai à donner, c’est de ne pas utiliser les colorations de la pharmacie. Ça peut entrer en conflit avec le travail fait auparavant, surtout les blonds et les balayages. »

Elle a plutôt choisi d’adhérer au mouvement #montretarepousse, dont des coiffeurs du Québec et de la France font la promotion sur les réseaux sociaux.

« On est solidaires avec les clients, on va tous s’abstenir de faire nos repousses à la maison. »

Sa propre teinte châtain naturel commence à poindre sous la couleur blond platine réalisée il y a plus d’un mois. Mais pas question d’y remédier : dès que cette repousse sera assez visible, elle l’exposera sur sa page Facebook, promet-elle.