En ce 29 février, une vingtaine de voisins se livrent à une partie amicale de hockey dans la rue. Deux semaines plus tard, les deux tiers des joueurs qui se disputaient la rondelle sont atteints de la COVID-19. Deux sont à l’hôpital, un sous respirateur. Et le virus contracté à Racine, en Estrie, a essaimé jusqu’à Rio. Cette tragique histoire montre à quel point le virus s’est propagé de façon souterraine pendant des jours au Québec. Avons-nous réagi trop tard ?

Katia Gagnon Katia Gagnon
La Presse

De la rondelle au respirateur

Quand Domenico Farinaccio, 57 ans, réussit à s’extirper de la torpeur causée par les médicaments qu’on lui administre, il réalise qu’il est attaché sur son lit d’hôpital. « Ils ont dû m’attacher parce que j’essayais toujours d’enlever le tube », explique l’homme de 57 ans.

Le tube, c’est celui du respirateur, auquel il est resté branché pendant 10 jours.

Le 15 mars, M. Farinaccio a été l’un des premiers patients atteints de la COVID-19 admis dans la zone réservée au coronavirus à l’Hôpital général juif de Montréal. Trois jours plus tôt, il avait consulté à l’urgence. Radiographies, examens : la pneumonie était de nature virale, avaient rapidement décrété les médecins. On lui a fait passer le test de la COVID. Le dimanche 15 mars, le résultat est revenu. Positif.

À partir de là, son état se détériore à toute vitesse. Il est intubé, attaché, médicamenté. Il perd 10 kg. La maladie lui bouffe toute son énergie. Et surtout, pendant ce séjour à l’Hôpital général juif de Montréal, Domenico Farinaccio est seul. Personne n’est autorisé à se trouver à son chevet. « Ça a été extrêmement difficile pour mon épouse. Elle appelait tous les jours pour prendre de mes nouvelles. »

Comme il est atteint de la COVID-19, il est soigné par du personnel vêtu de tous les équipements de protection. « C’est comme si j’avais été plongé dans un film de science-fiction. Un film où j’aurais été le sujet d’une expérience médicale, avec des gens vêtus comme des astronautes. Je les remercie, mes astronautes, ils se sont bien occupés de moi : je suis passé vraiment pas loin de la mort ! Mais ça a été hyper long. Et difficile. »

Deux semaines auparavant, Domenico jouait au hockey avec ses nouveaux voisins dans le petit village de Racine, en Estrie. Le 29 février, plus précisément. Deux jours plus tôt, le 27 février, le Québec était entré dans la longue liste de pays touchés par le coronavirus avec un premier cas, celui d’une femme qui avait voyagé en Iran.

Mais le 29 février, à Racine, personne ne se souciait du coronavirus.

C’était un beau samedi après-midi, une game entre amis. On a pris ça au sérieux, il faisait froid, on a travaillé dans les coins. On a été essoufflés, collés les uns sur les autres. On a fait un sacré bel échange ce jour-là !

Denis Mercier, l’un des participants à la partie de hockey

Le coronavirus a effectivement été un joueur invisible de cette partie de hockey. Il s’est aussi invité au cinq à sept qui a suivi. Les amis trinquent ensemble, prennent une bouchée à la bonne franquette. Puis, chacun rentre chez soi.

Quelques jours plus tard, Domenico Farinaccio commence à ressentir des courbatures. Il consulte son pharmacien. Comme il ne revient pas de voyage, ce dernier lui indique qu’il n’est pas admissible au test de la COVID-19.

Le lundi, puis le mardi, il se rend à son travail, à Montréal, dans une entreprise de services informatiques. « Et puis, mes symptômes ont empiré. Fièvre, courbatures, j’avais tous les symptômes. » Le 11 mars, il consulte son médecin, qui s’inquiète et lui prescrit une radiographie des poumons. Le 12 mars, il se rend à l’urgence de l’Hôpital général juif. « Je pensais entrer à l’urgence le matin et en ressortir le soir. »

C’est ce jour-là, le 12 mars, que le premier ministre François Legault annonce que les rassemblements de plus de 250 personnes sont désormais interdits au Québec. Les écoles sont toujours ouvertes : elles ne seront fermées que le lendemain. La Santé publique recommande maintenant que toute personne qui présente des symptômes grippaux se place en isolement pour 14 jours. Le Québec ne compte alors que 13 cas de coronavirus.

Ces directives arrivent trop tard pour Domenico Farinaccio. Trois jours plus tard, le 15 mars, l’homme doit être branché à un respirateur pour survivre. Il ne pourra recommencer à respirer sans aide que le 25 mars. Et au cours de ces 10 jours, une quinzaine de ses voisins de Racine découvrent qu’ils sont tous porteurs du coronavirus.

Le virus-chardon

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Denis Mercier et sa conjointe Josiane Lorange

« C’est une bonne grippe d’homme. »

C’est ce que son médecin a dit à Denis Mercier, 61 ans, un des joueurs de hockey de Racine, quand il est allé le voir le 14 mars. Il avait des courbatures, de la fièvre, une fatigue intense depuis presque 10 jours.

Mon médecin m’a demandé si j’avais voyagé. J’ai répondu non. Par conséquent, pour lui, c’était une grippe. Une bonne grippe d’homme.

Denis Mercier

Cet échange entre médecin et patient montre à quel point le virus a pu courir de façon souterraine au Québec, défiant tous les dépistages pendant deux semaines, avant que quelque mesure de contrôle ne soit annoncée par le gouvernement.

Pendant 20 jours, dans les statistiques des cas de COVID-19 que tient la Direction de santé publique, la quinzaine de joueurs de hockey de Racine n’ont eu aucune existence officielle. Ils n’avaient pas été testés. Ils l’ont été seulement à la mi-mars. Puis, ils ont attendu leurs résultats pendant plusieurs jours. Ils sont entrés dans les colonnes de chiffres seulement autour du 20 mars. Officiellement, l’Estrie n’a enregistré ses premiers cas de coronavirus que le 17 mars, deux voyageurs qui revenaient d’Europe.

En l’absence de diagnostic ou même de présomption de danger, les 15 joueurs de hockey de Racine ont donc continué leur vie. M. Mercier se rend dans un chalet avec ses enfants pour la relâche. Il continue son bénévolat à la bibliothèque, à la ligue d’improvisation du village où il réside, il va manger au resto avec des amis. Son épouse Josiane se rend au bureau comme à l’habitude.

Tous deux, ils risquent, sans le savoir, de propager le virus.

Puis, le 15 mars, Denis Mercier apprend que son ami Domenico est hospitalisé à Montréal. Et qu’il a été infecté par la COVID-19.

« C’est là que ça a déboulé pour tout le groupe. La chaîne téléphonique s’est mise en place entre voisins. » Le lendemain, sa femme et lui vont se faire tester. Le résultat arrive quelques jours plus tard. Positif.

Entre-temps, l’état de Denis Mercier se détériore. Il est hospitalisé à Saint-Jean-sur-Richelieu et passe deux nuits là-bas. Ses poumons peinent à l’oxygéner durant la nuit. On le transfère quelques jours à l’Hôpital général juif. « Ils m’ont gardé quelques jours, jusqu’à ce que mes poumons soient beaux. »

Pendant ces jours d’hospitalisation, il souffre le martyre. « S’il y a une chose que tu peux écrire, c’est que ça fait mal en tabarouette. Maudit que j’avais hâte à mon Tylenol ! »

De son côté, sa femme Josiane, 49 ans, hérite d’un gros problème : comme elle est également déclarée positive à la COVID-19 et que ses enfants obtiennent un test négatif, elle doit vivre isolée d’eux. Julien et Olivier ont respectivement 12 et 8 ans. « On a proposé à la Direction de santé publique de garder nos enfants chez nous, mais isolés de nous », raconte Josiane Lorange.

Sa sœur organise une sorte de camp de survie pour les deux enfants au sous-sol. « Les enfants devaient être parfaitement autonomes. Ils ont fait chauffer leurs repas, lavé leur linge, pris leur douche et pris leur température deux fois par jour. On leur donnait des consignes à travers la cage d’escalier. » Leur isolement se termine ce samedi. « Disons qu’ils ont acquis de l’autonomie en montant les marches par deux », rigole Denis Mercier.

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Olivier et Julien, les fils de Denis Mercier et de Josiane Lorange

« On a mangé du macaroni au fromage, des pâtés au poulet », explique Olivier le plus sérieusement du monde. Le plus difficile ? « Faire le ménage », répond Julien.

Leur père a fini par sortir de l’hôpital et a été officiellement déclaré guéri cette semaine. Jamais Denis Mercier n’aurait pu s’imaginer les conséquences funestes d’une simple partie de hockey. « Ce qui m’a fasciné, c’est de voir à quel point sans être si près que ça d’une personne, tu peux la contaminer. Ce virus-là, c’est vraiment un virus-chardon. »

De Racine à Rio

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Denis Arseneault

Le lendemain de la fameuse partie de hockey, Denis Arseneault, 64 ans, monte à bord d’un avion en direction de Toronto. Un voyage d’affaires, pour son entreprise, qui œuvre dans le secteur minier. Deux jours plus tard, il participe à un dîner de travail. À sa gauche, un Britannique. À sa droite, un Brésilien. En face de lui, un Québécois de Chibougamau.

Dans les jours qui ont suivi leur retour dans leurs villes d’origine, ces trois convives ont tous été déclarés positifs à la COVID-19. « Ceux qui étaient loin de moi au restaurant, ils ne l’ont pas eue. C’est absolument incroyable, la contagiosité de ce virus. C’est épeurant », constate M. Arseneault.

Sans le vouloir, Denis Arseneault a fait voyager très loin le virus contracté à Racine. De Londres à Rio en passant par Chibougamau… et Toronto. Il a contaminé sa fille, chez qui il a habité dans la Ville Reine. Son fils et la conjointe de ce dernier, qui vivent à Montréal.

À Toronto, je prenais le métro pour me rendre au bureau, c’était bourré de monde à l’heure de pointe. Mais à l’époque, il n’y avait pratiquement pas de cas !

Denis Arseneault

C’est vrai. Début mars, il n’y avait qu’une quinzaine de cas dans tout le Canada.

Pendant ce séjour à Toronto, Denis Arseneault n’est pas bien. Il a des courbatures, croit faire de la fièvre. À son départ, sa fille affiche les mêmes symptômes. Les deux croient avoir attrapé un simple rhume des petits dans la maison.

Mais à son retour au Québec, l’instigatrice de la partie de hockey l’appelle. « Elle me demande si je vais bien, elle me dit qu’il y a eu beaucoup de gens malades… et ils avaient tous les mêmes symptômes que moi ! »

Le 15 mars, il apprend par ses voisins le diagnostic de Domenico Farinaccio. Il se rend à la toute première clinique de dépistage de l’Estrie le lendemain. « Au départ, ils ne nous acceptaient pas pour les tests parce qu’on n’avait pas voyagé. Ils n’ont pas été faciles à convaincre, relate-t-il. On a fini par expliquer que notre ami était hospitalisé, qu’il avait été testé, et ils ont accepté. On a reçu les résultats cinq jours plus tard. Presque tout le monde dans le groupe était positif ! » Et ceux qui étaient négatifs, mais qui avaient eu des symptômes, comme lui, se sont fait dire que c’était probablement parce qu’ils avaient eu le temps de guérir.

Un mois plus tard, Denis Arseneault se demande encore si c’est lui qui a invité le coronavirus à la partie de hockey de Racine. C’est que le jeudi 27 février, deux jours avant la partie fatidique, il a été pris pendant plusieurs heures à l’aéroport de Toronto à cause d’une tempête de neige. « J’ai poireauté toute une journée à l’aéroport. C’est peut-être moi qui ai infecté tout le monde au party. »

Qui est le « patient zéro » de cette rencontre amicale ? Impossible de le savoir avec certitude. Et pour les joueurs, ce n’est pas vraiment important. Ce qu’ils auraient aimé savoir rapidement, en revanche, c’est que leurs symptômes grippaux étaient, possiblement, reliés au coronavirus.

Cette maladie, on en parlait depuis le mois de janvier. Tout le monde savait que ça allait frapper. Où étaient les précautions ? On aurait dû dire bien plus tôt aux gens qui avaient des symptômes de rester chez eux.

Domenico Farinaccio

Après avoir reçu leur diagnostic, les voisins de Racine ont tous fait l’objet d’une enquête de la Direction de santé publique. On leur a demandé les noms et les coordonnées de toutes les personnes avec qui ils avaient pu être à moins de deux mètres pendant plus de 15 minutes. Un travail de moine. « Ils veulent connaître tous les liens possibles pour pouvoir avertir tout le monde qu’ils ont possiblement été en contact avec un cas de COVID », explique Denis Arseneault.

Mais pour les centaines de personnes qui ont côtoyé ces 15 joueurs de hockey infectés pendant des jours, une chose est sûre : cet avertissement est venu beaucoup trop tard.

Avons-nous réagi trop tard ?

Le premier ministre François Legault rappelle souvent, à juste titre, que le Québec a été l’un des premiers États en Amérique du Nord à prendre des mesures fortes contre le coronavirus. Mais la tragique histoire de la partie de hockey de Racine pose une question fondamentale : aurions-nous pu réagir encore plus tôt ?

Nimâ Machouf, épidémiologiste, École de santé publique de l’Université de Montréal

Nimâ Machouf pense que le Québec a effectivement trop tardé. « On a été une semaine en retard, je crois. Mais pour le gouvernement, s’embarquer dans du confinement, fermer les écoles, nuire à l’économie, ce sont des conséquences qui sont graves. On essaie de retarder ça le plus possible. »

Cependant, on aurait certainement pu indiquer rapidement en février aux personnes qui présentaient des symptômes grippaux de ne sortir de chez elles sous aucun prétexte, même si elles n’avaient pas subi de test pour la COVID-19. Cette directive est venue, officiellement, le 12 mars. « Demander cela aux gens, ce n’est ni très contraignant ni coûteux. Ça aurait pu être un excellent premier pas. »

Car si on avait pris des mesures plus draconiennes une semaine plus tôt, la population n’aurait peut-être pas suivi, observe-t-elle. « Pour que le gouvernement prenne les mesures, il faut qu’il ait l’écoute de la population. Qui aurait cru le gouvernement s’il avait pris des mesures drastiques, disons, le 25 février ? Personne. Donc, les gens n’auraient peut-être pas respecté les mesures. Le contexte n’était pas encore là. »

Benoît Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Benoît Mâsse est encore plus catégorique. Déjà, à la fin de janvier, on savait que le virus se propageait hors de la Chine et à la mi-février, on avait des cas au Canada. C’est là qu’on aurait dû agir, croit-il.

« Déjà au 15 février, des mesures auraient dû se mettre en place, estime-t-il. Les mesures préventives au Québec ont commencé le 13 mars avec la fermeture des écoles. Ça, c’est environ un mois après le 15 février. On a laissé la relâche au début mars, avec les nombreux voyages, avoir lieu sans agir », déplore-t-il.

Le passé nous a appris qu’on doit agir très rapidement devant une épidémie, ajoute-t-il. « Au pire, on rectifie le tir en cours de route, dit-il, parce que pendant tout ce temps, l’épidémie se propage. Le virus n’attend pas, il infecte, il se multiplie, et il se propage. On n’avait pas besoin d’être devin le 15 février. On avait déjà l’information en main pour agir. Nous étions des milliers à voir cette pandémie arriver. »

Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique

Oui, le coronavirus avait un potentiel de contagion « explosif ». Mais imposer des mesures restrictives ne sert à rien si la population ne suit pas, observe Gaston De Serres. « C’est dur de convaincre la population quand on n’a pas beaucoup de cas, dit-il. Je ne sais pas si ça aurait été possible de faire autrement. » Au début de mars, il n’y avait toujours qu’un seul cas au Québec, rappelle-t-il.

Dans les circonstances, le gouvernement Legault a fait preuve de beaucoup de courage, estime-t-il. Car les conséquences des restrictions sont énormes sur la société et l’économie. « Imposer des mesures semblables, on ne fait pas ça à la légère. »

Quant à une recommandation – ou même un ordre – de rester à la maison avec des symptômes grippaux, M. De Serres croit qu’elle n’aurait pas été respectée. « Quand les gens ont l’influenza, on n’arrête pas de leur dire de rester chez eux pour ne pas contaminer leurs collègues. Peu de gens nous écoutent », dit-il. Regardez ce qui s’est passé lors de la semaine de relâche : tout le monde savait qu’il y avait du coronavirus à l’international. Combien de personnes ont annulé leur voyage à cause de ça ? »

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Mme Borgès Da Silva, spécialiste en administration de la santé, estime que les directions de santé publique n’étaient pas prêtes à faire face à l’épidémie. « Il aurait fallu beaucoup plus de personnel dans les différentes directions de santé publique au Québec. Elles n’avaient pas les effectifs pour faire face à la crise. Elles ont été débordées », dit-elle.

Pour elle, ce problème est directement lié au sous-financement de la santé publique au Québec. « Dans les dernières années, on a très peu investi en santé publique. La pandémie nous a remis en pleine face le sous-financement de la santé publique. » Le Québec investit annuellement 1,2 milliard en santé publique, sur un budget total de près de 40 milliards.

Au départ, le système de dépistage dans son ensemble s’est révélé « inefficient », croit-elle. « Ça n’a pas de bon sens, les délais d’attente qu’on a avant d’avoir les résultats. » Selon elle, ces délais, et aussi une certaine rareté dans les tests, ont pu contribuer à masquer pendant un certain temps le phénomène de transmission communautaire qui s’opérait au Québec.

Comment nous avons réagi à la COVID-19

27 février

Un premier cas est confirmé au Québec.

12 mars

On interdit les rassemblements de plus de 250 personnes et on recommande aux personnes qui reviennent de l’étranger ou qui présentent des symptômes grippaux de s’isoler. Ce n’est toutefois pas une obligation.

13 mars

L’état d’urgence sanitaire est déclaré. Les établissements d’enseignement, du primaire à l’université, sont fermés, ainsi que les services de garde.

14 mars

On interdit les visites dans les CHSLD et les hôpitaux. On conseille aux personnes de plus de 70 ans de rester chez elles.

15 mars 

Fermeture des bars, des piscines, des gymnases, des cinémas, des pistes de ski.

16 mars 

Le gouvernement fédéral annonce la fermeture de la frontière.

21 mars 

Tous les rassemblements sont interdits.

22 mars

Fermeture des centres commerciaux, des restaurants, des salons de coiffure.

23 mars 

Fermeture de toutes les entreprises et commerces non essentiels.

28 mars 

« Fermeture » de huit régions du Québec.