Au milieu du confinement général, ils continuent à se rendre sur leur lieu de travail pour assurer le bon fonctionnement de la société. Chaque jour, nous vous présentons une de ces personnes dévouées qui font la différence. Aujourd’hui, une écoutante de Tel-Aide qui soutient les âmes en détresse… et ses bénévoles en confinement.

Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

« Et moi qui me disais dinosaure il y a deux semaines à peine ! »

Écoutante pour Tel-Aide depuis sept ans, Monic Fournier travaille jusqu’à 11 heures par jour depuis le début de la crise pour aider les bénévoles à répondre à distance aux appels de personnes en détresse.

« Nos bénévoles sont souvent des gens âgés qui ont des ordinateurs très lents. Les former à distance, ça me prend pour chacun d’eux entre 50 minutes et 5 heures. »

Mme Fournier s’est donc découvert des aptitudes informatiques qu’elle ignorait et une énergie surprenante. Ironiquement, en 1989, elle a elle-même été frappée par un virus. « J’étais une athlète et un matin, je me suis retrouvée paralysée à partir du cou. J’ai retrouvé l’usage de mes membres, mais je vis depuis ce temps-là avec des douleurs chroniques qui me réveillent la nuit. »

Le volume d’appels de personnes en détresse n’a pas tant augmenté depuis le début de la pandémie, « mais comme les bénévoles sont eux-mêmes en confinement, ils ont davantage de temps pour répondre aux appels des gens ».

Les problèmes sont les mêmes qu’à l’habitude, mais accentués. « Ceux qui sont d’un naturel anxieux, insécure ou paranoïaque le sont encore plus. Ceux qui ont des conflits familiaux en vivent davantage encore. »

Comme c’est toujours le cas, « la confidentialité la plus totale est garantie, tout comme l’absence de jugement. Nous ne leur recommandons rien. Ce que nous faisons, c’est de l’écoute active. Nous n’avons qu’une partie de leur histoire. La solution, ce sont les gens qui la portent en eux. »