Chaque jour, nous répondons aux préoccupations des lecteurs

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Sur France2, on montrait un nouvel appareil qui permet d’obtenir en seulement 20 minutes le résultat de dépistage à la COVID-19, uniquement à partir d’un test sanguin. Avons-nous cet appareil au Québec ?

Les tests sanguins ou sérologiques permettent de voir si un patient a des anticorps résultant de l’infection au coronavirus, mais pas de voir s’il est encore infecté et contagieux. Pour répondre à cette question, il faut tester les sécrétions respiratoires du patient, pour voir si elles contiennent le coronavirus responsable de la maladie. Santé Canada a autorisé huit tests commerciaux de sécrétions pour la COVID-19, mais aucun test sérologique. Parmi les 30 tests en cours d’évaluation, il y a plusieurs tests sérologiques, dont plusieurs sont approuvés aux États-Unis ou en Europe. Un test sérologique, beaucoup moins coûteux qu’un test de sécrétions, sera important pour savoir quelle proportion de la population a été infectée et pour savoir si un individu est protégé par son système immunitaire. Au moins une entreprise, Safecare Canada, spécialiste de tests de drogues, a brièvement vendu des tests sérologiques pour la COVID-19 au public avant que Santé Canada lui demande d’en cesser la vente.

Pourquoi une personne que je connais, qui a eu un test positif à la COVID-19 le 9 mars, n’a plus du tout de suivi, de test pour voir si elle a encore le virus ou pas ?

En début de semaine, le MSSS a modifié les priorités du dépistage, constatant que l’« augmentation considérable du nombre de prélèvements » « excède largement la capacité de tester du système de santé, et ceci malgré une amélioration substantielle de cette capacité de tester ». Les tests de suivi des patients non hospitalisés qui n’ont plus de symptômes ne font pas partie des six catégories prioritaires de tests. Ce changement d’orientation est responsable du flou entourant le suivi des patients testés les semaines précédentes. En cas de doute, on peut joindre son médecin traitant ou prendre un rendez-vous par la plateforme RVSQ, beaucoup de cliniques prenant des rendez-vous par RVSQ appelant maintenant les patients pour voir s’ils peuvent régler le problème par téléphone.

Personne ne parle du pourcentage de faux négatifs aux tests. Le connaissons-nous ?

Le taux de faux négatifs est encore incertain. À la mi-février dans la revue Radiology, une étude a montré que sur 167 patients atteints de la COVID-19, dont le diagnostic avait été établi par un examen radiologique puis confirmé par un test de sécrétions, 5 avaient eu au départ un test de sécrétions négatif. Ce qui représente un taux de faux négatifs de 3 %. Dans un essai publié mardi par la revue MedPage, un radiologiste de l’Université de Pennsylvanie s’inquiétait du flou entourant le taux de faux négatifs.

Certains disent que la Ville de Montréal a permis au SPVM d’entrer dans les maisons sans mandat. Est-ce vrai ?

Oui, répond l’inspecteur André Durocher du SPVM. « Les agents peuvent entrer dans un endroit qui n’est pas accessible au public si c’est le seul moyen raisonnable d’éviter un danger pour la vie, la santé ou la sécurité des personnes. Alors si votre voisin fait un open house avec 60 personnes, et qu’il ne veut pas laisser entrer les policiers, ils peuvent entrer. »

Pouvez-vous demander au gouvernement comment les amendes seront appliquées s’il faut passer par le DPCP et ensuite par les tribunaux alors que ceux-ci sont fermés ?

« Les dossiers qui contiennent le rapport d’infraction général seront analysés en priorité par des procureurs du Bureau des affaires pénales au sein du DPCP », répond Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP. « Ces procureurs traiteront les dossiers devant les tribunaux selon le plan de continuité des services de la Cour du Québec. » En cas de contestation du citoyen, le procès aura lieu plus tard. Le rapport d’infraction général est rédigé par le policier.