(Ottawa) Les premiers ministres des provinces et des territoires ne jugent pas nécessaire d’avoir recours à la Loi sur les mesures d’urgence dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la COVID-19.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

C’est ce que le premier ministre Justin Trudeau a entendu de la part de ses homologues des provinces lors de la conférence téléphonique qui avait lieu jeudi soir, selon ce qu’a indiqué à La Presse une source gouvernementale fédérale.

« Les premiers ministres ont convenu à l’unanimité qu’ils n’avaient pas besoin de ce que ferait la Loi sur les mesures d’urgence en raison des efforts actuels », a-t-on relaté à Ottawa à l’issue de cet entretien.

Dans plusieurs provinces, dont le Québec, les corps policiers ont été mobilisés pour restreindre les mouvements d’une région à une autre, alors que la lutte contre la COVID-19 s’intensifie, et que le nombre de cas de la COVID-19 a franchi le cap des 11 000, jeudi.

La Loi sur les mesures d’urgence autorise à titre temporaire des mesures extraordinaires de sécurité en situation de crise nationale; elle accorde au gouvernement fédéral le pouvoir de limiter les déplacements de la population.

Depuis le début de la crise, Justin Trudeau a souvent dit que la situation n’exigeait pas d’y avoir recours, mais n’a jamais écarté la possibilité de l’invoquer. Le Québec et l’Alberta n’ont jamais été chaudes à l’idée, voulant préserver leur pouvoir d’imposer le confinement sur leur territoire.

Les premiers ministres ont néanmoins discuté du processus entourant cette loi, dans l'éventualité où son application devenait nécessaire, a précisé une source fédérale.

L’approvisionnement

En ce qui a trait à l’approvisionnement en équipement médical, Justin Trudeau s’est engagé auprès de ses vis-à-vis « à ce que le fédéral obtienne le matériel nécessaire le plus rapidement possible ».

Les craintes de pénurie de matériel ont été soulevées ces derniers jours, alors que les pays du monde entier s’arrachent masques, gants et respirateurs, et que les États-Unis sont soupçonnés d’en avoir détourné à leur profit.

Depuis le début de la semaine, environ 11 millions de masques (N95 et chirurgicaux) sont arrivés au Canada. À ce stock s’ajoutent quelque 500 000 masques envoyés par le géant chinois Alibaba ainsi que les 700 000 de la réserve fédérale.

Le matériel doit être acheminé incessamment aux provinces, a indiqué la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, en conférence de presse, jeudi. Elle n’a pas précisé les modalités de la distribution entre les provinces.