Le Québec a testé jusqu’ici plus de 58 000 personnes pour savoir si elles ont contracté la COVID-19, mais pour certains, les délais s’allongent encore au-delà des 24 à 48 heures promises.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Au retour d’un séjour en Floride il y a un peu plus d’une semaine, Réjean Monette s’est senti fatigué, mais a pensé que c’était parce qu’il avait fait la route de retour seul.

« Je ne pensais pas que c’était le coronavirus, mais je me suis isolé quand même. Le lendemain, les symptômes ont augmenté : je n’ai jamais fait de fièvre, mais j’étais très fatigué, j’ai eu des frissons. Le lundi, après une douche, j’ai eu l’impression que la serviette était comme du papier sablé sur ma peau », raconte l’homme de 58 ans.

Il s’est présenté mardi dernier à la clinique de dépistage de la COVID-19 à la place des Festivals de Montréal. Ce n’est que samedi soir qu’il a eu le résultat : son test était positif.

« Je vais mieux depuis samedi, mais mercredi et jeudi, c’était plus difficile. Quand on n’a pas les résultats, le hamster tourne. Avec tout ce qu’on lit, on écoute les nouvelles, on finit par se demander si c’est dans notre tête. Je commençais à me dire : pas de nouvelles, bonnes nouvelles », dit Réjean Monette, qui est depuis « confiné dans sa chambre ».

Dès qu’il a su qu’il était atteint par la COVID-19, il a avisé les gens qu’il a côtoyés en Floride. Il aurait aimé le faire plus tôt. « Ce qui me fait peur, c’est que pendant que je n’ai pas les résultats, il y a des gens que j’ai côtoyés qui ne font rien, ou presque rien », dit-il. « Je ne suis pas inquiet pour moi », ajoute Réjean Monette, qui craint davantage la contagion des autres.

72 heures pour un rendez-vous

La Montréalaise Maryse Poisson a quant à elle dû attendre près de 72 heures pour obtenir un rendez-vous dans une clinique à son retour d’un long séjour au Brésil. Ce n’est que samedi en après-midi – six jours après avoir fait le test à Beaconsfield – qu’elle a reçu son résultat : malgré les difficultés respiratoires qu’elle ressent, elle n’a pas le coronavirus.

« J’ai été en quarantaine dans un coin de mon appartement. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai des gens pour m’aider, mais j’aurais apprécié que le résultat vienne plus vite, c’est stressant de penser qu’on l’a peut-être. On entend tellement d’histoires de complications, j’aurais eu l’esprit plus tranquille », dit la femme de 30 ans. Comme Réjean Monette, elle n’a toutefois que de bons mots pour ceux qui l’ont accueillie quand elle est allée faire son test.

Jean-François Trudeau a lui aussi attendu cinq jours pour avoir le résultat d’un test de dépistage, la semaine dernière. Il a su vendredi dernier que ce n’était pas le coronavirus qui lui posait problème.

« On m’avait dit que j’aurais les résultats en cinq jours environ, mais j’espérais qu’ils appellent avant », dit l’homme de 38 ans. Il prend l’attente avec philosophie. « Ce n’est pas de leur faute, le nombre de personnes à traiter est immense », dit-il.