(Montréal) La consommation d’électricité a chuté de près de 3 % la semaine dernière, au Québec, alors que les entreprises non essentielles ont été sommées de suspendre leurs activités pour freiner la propagation de la COVID-19.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

C’est la diminution de la consommation commerciale qui a entrainé les ventes d’Hydro-Québec vers le bas, avec une chute de 11,63 %, démontrent les données que la société d’État a transmises à La Presse.

Le secteur industriel, lui, a vu sa consommation diminuer de 2,03 %.

Inversement, la consommation résidentielle a augmenté de 2,01 %, puisque la grande majorité des Québécois sont confinés chez eux.

Les ménages québécois ont ainsi consommé 1569 gigawatts-heures (GWh) dans la semaine du 22 au 28 mars, contre 1010 GWh pour le secteur industriel et 824 GWh pour le secteur commercial.

La diminution de la consommation d’électricité est calculée par rapport à la prévision inscrite dans le plan d’approvisionnement soumis par Hydro-Québec à la Régie de l’énergie.

Cette baisse de la consommation représente une inversion de la tendance engendrée par la crise sanitaire, qui avait dans un premier temps provoqué une hausse de la consommation d’électricité au Québec ; l’impact de la fermeture des écoles, garderies, salles de spectacle et autres lieux de rassemblement avait été compensé par la hausse de la consommation résidentielle.

Baisse de revenus

Cette baisse de la consommation d’électricité se traduit par une diminution des revenus d’Hydro-Québec d’environ 8 millions de dollars.

« C’est comme si on avait un printemps un peu plus chaud que ce qu’on a en ce moment et que les gens chauffaient moins », illustre Francis Labbé, porte-parole de la société d’État.

Il serait prématuré de tirer des conclusions quant à l’impact qu’aura cette baisse sur le bilan d’Hydro-Québec, qui sera influencé par une multitude d’autres facteurs, comme un été très chaud ou un début d’hiver très froid, rappelle la société d’État.

La diminution de la consommation, qui s’accompagne logiquement d’une diminution de la production d’électricité, n’a toutefois aucun impact sur les activités d’Hydro-Québec.

« Il n’y a pas de lien entre le nombre de gens dans une centrale et la production », d’autant qu’il y a beaucoup de gestion à distance, explique M. Labbé.

L’impact sur le niveau d’eau des barrages n’est par ailleurs pas significatif, même en période de fonte des neiges, une période justement consacrée au remplissage des réservoirs, dont le niveau est toujours bas à cette période-ci de l’année.

« Les 3 % qu’on ne produit pas, on les laisse s’accumuler dans les réservoirs », illustre Francis Labbé.