(Ottawa) Ottawa dit avoir fermé ses quelque 600 bureaux de Service Canada à travers le pays pour protéger ses fonctionnaires.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

« Il y a eu, au cours des dernières heures et des derniers jours, des incidents par lesquels les employés de Service Canada ont vu leur santé et leur sécurité en danger », a décrit Jean-Yves Duclos, lors de la conférence de presse quotidienne des ministres à Ottawa.

« Comme tout employeur responsable, quand ce genre de circonstance se produit, l’employeur doit répondre de manière à protéger la santé et la sécurité de ses employés », a ajouté le président du Conseil du trésor.

La décision, annoncée tard jeudi soir, a été très mal reçue par le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC).

« Service Canada est un service essentiel : des centaines de milliers de citoyens et de citoyennes ont des questions, ont besoin d’informations concernant leurs dossiers, plusieurs ont besoin d’aide, en personne, pour remplir leurs demandes d’assurance-emploi », s’est insurgé le porte-parole du conseil, Pierre Céré.

« C’est une aberration », a-t-il aussi jugé dans un communiqué diffusé vendredi matin.

Ottawa estime plutôt que sa décision touchera peu de chômeurs, étant donné que la « très grande majorité » des demandes de prestations d’assurance-emploi se faisaient par internet.

Avant que le premier ministre Justin Trudeau n’annonce la nouvelle Prestation canadienne d’urgence (PCU), il y avait déjà près d’un million de nouveaux chômeurs qui tentaient de s’inscrire pour recevoir de l’assurance-emploi.

La semaine dernière, on s’inquiétait des longues files d’attente devant ces bureaux de Service Canada, où plusieurs, frustrés du service en ligne qui débordait, avaient décidé de se présenter en personne. Les exigences de distanciation sociale n’étaient évidemment pas respectées dans ces files d’attente.

S’exprimant devant sa résidence, vendredi matin, M. Trudeau a fait valoir que la décision de fermer les bureaux était conséquente avec la directive de télétravail indiquée aux fonctionnaires.

« Dans un moment où on encourage les gens à rester chez eux, de travailler de la maison, on s’attend à ce que les gens de Service Canada continuent à servir les Canadiens de la maison », a-t-il dit.

Dans un élan d’optimisme, M. Duclos a fait miroiter que, maintenant que les bureaux sont fermés, « du temps et des ressources additionnelles sont maintenant disponibles pour répondre aux appels et pour traiter les demandes en ligne ».

Cette explication n’a pas suffi au porte-parole du conseil des chômeurs.

« Les lignes téléphoniques sont souvent inaccessibles, les services web embourbés et confus : passer au travers relève la plupart du temps d’un véritable parcours du combattant », a rétorqué M. Céré.

L’Alliance de la Fonction publique du Canada a précisé dans un communiqué que les personnes qui auront besoin d’assistance pourront obtenir un rendez-vous « dans un lieu sécuritaire ».