(Montréal) Le ministère de l’Éducation a annoncé dimanche que « les étudiants des cégeps et des collèges auront la possibilité de compléter leur session d’hiver en ligne » à partir du 30 mars. Ce sera un « défi », dit-on dans le réseau collégial.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

En entendant l’annonce de Québec dimanche, bien des enseignants du cégep ont appris qu’ils disposent d’une semaine pour s’organiser avant de reprendre leurs cours où ils les ont laissés, mais à distance.

« C’est un euphémisme de dire que c’est un défi de taille », dit le président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay. Sa fédération regroupe 48 cégeps qui offrent 9 programmes pré-universitaires et 133 programmes techniques.

« On voit beaucoup d’enjeux, de contraintes et de difficultés, mais dans le passé ça nous est arrivé de devoir composer avec des événements exceptionnels et on a trouvé des solutions », dit Bernard Tremblay. Environ la moitié de la session collégiale est à ce jour complétée.

L’enseignement à distance sera ardu dans certains programmes. « Oui il y a des stages qui n’auront pas lieu, oui il y a des laboratoires qui n’auront pas lieu », dit Bernard Tremblay. Il cite également les programmes collégiaux du domaine de la santé. « Vous voyez le défi alors que notre personnel s’est déployé pour donner un coup de pouce… », poursuit-il.

La présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), Caroline Quesnel, représente 17 000 enseignants du collégial. Elle aussi parle d’un « beau défi ».

« On va se retourner vers le ministère et demander des explications, des balises claires », dit-elle. « Il y a de grandes disparités à l’intérieur du réseau, entre les établissements, l’accès à internet. Il y a une disparité entre les cours, sur leur adaptation possible ou non », dit Caroline Quesnel.

L’annonce de Québec dimanche a soulevé « beaucoup, beaucoup de questions » au syndicat. « On est restés sur notre faim, dit la présidente de la FNEEQ. On aurait aimé avoir plus de directives, une orientation plus fouillée mais je ne perds pas espoir. C’est établi, on a une semaine », dit Caroline Quesnel.

Le président de la Fédération des cégeps dit qu’il a confiance dans le personnel du réseau pour arriver à terminer la session en cours. « J’ai confiance en leur expertise. Tout le monde a à cœur que nos étudiants ne soient pas sacrifiés. C’est un défi énorme, ils pourraient avoir la tentation de décrocher. Mon message aux étudiants, c’est : lâchez pas », dit Bernard Tremblay.