La frontière canado-américaine est maintenant fermée pour tout voyage non essentiel, y compris aux migrants qui traversent au chemin Roxham. L’interdiction est officiellement entrée en vigueur sur le coup de minuit.

La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi matin qu’à partir de minuit, les migrants seraient remis entre les mains des autorités américaines et ne pourront pas entrer au Canada.

La veille, pourtant, Ottawa avait annoncé que les demandeurs d’asile seraient logés par le gouvernement fédéral pour la période de 14 jours d’isolement demandée à tous les voyageurs, évitant ainsi une querelle avec Québec qui ne voulait pas assurer leur logement.

« Ça faisait plusieurs années qu’on était en discussions avec les Américains pour trouver une mesure comme celle-ci. On a pu se mettre d’accord sur ce processus, de façon temporaire, liée à cette crise de la COVID-19 », a dit M. Trudeau pour expliquer ce changement soudain.

Une heure plus tard, son ministre de la Sécurité publique confirmait, en conférence de presse à Ottawa, que l’entente avec les États-Unis est « temporaire ».

Elle sera maintenue seulement « aussi longtemps que les restrictions sur les voyages non essentiels sont en place », a déclaré Bill Blair. La vice-première ministre Chrystia Freeland a fait savoir que 90 migrants, au Canada depuis moins de 14 jours, sont maintenant pris en charge par Ottawa pour assurer leur logement en isolement.

Pour ce qui est de la fermeture de la frontière à tout voyage non essentiel, les ministres ont dû répéter que les travailleurs temporaires étrangers et les étrangers qui ont des visas d’étudiant ou de travailleur sont considérés comme se prêtant à des voyages essentiels. Ils peuvent donc traverser les frontières.

On a rapporté quelques cafouillis aux aéroports.

« Pour ce qui est de l’incertitude aux frontières à propos des règles, je crois que nous devons tous avoir un peu de patience. […] Ceci est une période exceptionnelle », a plaidé la vice-première ministre Chrystia Freeland.

Les rapatriements

M. Trudeau a assuré que son gouvernement poursuit ses efforts auprès de lignes aériennes pour ramener les Canadiens coincés à l’étranger. « Un premier vol pourrait partir du Maroc en fin de semaine », a-t-il annoncé.

En début soirée, Air Canada a d’ailleurs confirmé qu’un de ses appareils ramènera samedi des Canadiens depuis le Maroc, en collaboration avec Affaires mondiales Canada.

Un gros-porteur d’une capacité de 450 places sera affecté à ce vol Casablanca-Montréal.

Vendredi à l’aube, des Canadiens qui ont pu débarquer à Marseille d’un autre bateau de croisière infecté, le Costa Luminosa, avaient atterri à Atlanta. Ils sont 70 et rentrent au pays « sur des vols commerciaux », a fait savoir le bureau du ministre Champagne.

Au retour, « on va leur demander, comme les autres voyageurs, de s’isoler pendant 14 jours », a-t-on indiqué. Et « oui », on juge prudent de ne pas leur imposer une quarantaine.

Le dernier groupe de passagers d’un bateau de croisière à avoir été rapatrié — les 228 Canadiens à bord du Grand Princess — est en quarantaine à Trenton depuis le 10 mars. On compte maintenant 12 personnes atteintes de la COVID-19 dans ce groupe, qui avait été rapatrié dans un avion affrété par Ottawa, ce qui a assuré une quarantaine stricte de 14 jours.

À l’heure où on impose le confinement dans différents pays, le premier ministre Trudeau dit qu’il n’en est pas question pour le Canada. Mais là encore, « rien n’est exclu », a répété le premier ministre avant de féliciter les Canadiens qui pratiquent de plus en plus la distanciation sociale.

M. Trudeau continue de travailler de sa résidence puisque sa conjointe a contracté le virus.