Un couple de Québécois coincé sur le bateau de croisière Coral Princess est plongé dans l’incertitude, alors que l’Argentine a refusé vendredi de les laisser prendre leur vol de retour. Maintenant en quarantaine dans un port de l’Uruguay, les Québécois ignorent comment ils pourront rentrer au pays.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« On est dans l’incertitude la plus complète », lâche André Champagne, exaspéré au bout du fil. L’avocat d’expérience et son épouse Lise Champagne s’attendaient à être dans les airs en direction du Canada vendredi après-midi. Or, ils sont plutôt confinés sur le Coral Princess, prisonniers de cette croisière amorcée au début du mois alors que la crise de la COVID-19 n’était pas aussi critique.

« On ne sait pas ce qu’on va faire après. On n’a pas assez d’information », dénonce-t-il.

Les Lavallois devaient prendre un vol vendredi de Buenos Aires en direction de Toronto. Jusqu’à jeudi, ils espéraient pouvoir l’attraper, puisque de nombreux passagers du bateau avaient réussi à le faire en étant escortés jusqu’à l’aéroport. Mais la décision des autorités argentines de mettre le pays en quarantaine jeudi soir a bouleversé leur plan.

Les passagers déjà à l’aéroport de Buenos Aires pour leur vol de vendredi matin ont été ramenés sur le bateau, obligeant ainsi tous les passagers à respecter une quarantaine. « Regardez l’illogisme. On ne peut pas sortir parce qu’on va contaminer les citoyens, mais on fait sortir des gens et on les ramène sur le bateau ! », s’insurge André Champagne.

Le Coral Princess est maintenant à Montevideo, en Uruguay, pour se ravitailler. « Nous continuons de chercher à obtenir la permission de débarquer les passagers. Nous explorons toutes les avenues, incluant par des canaux diplomatiques », a indiqué l’entreprise Princess Cruises dans un communiqué envoyé à La Presse.

« C’est comme si ce bateau-là était oublié en mer, c’est épeurant », lance leur fille Nadia Champagne. « Nous sommes terriblement inquiets. Mes parents ne sont pas malades, mais ils ont différents médicaments à prendre. C’est très stressant de ne pas savoir quand on va les revoir », ajoute-t-elle.

Nadia Champagne espère que les autorités fédérales vont rapidement prendre en main la situation pour rapatrier rapidement les Canadiens et ses parents sur le bateau.

Affaires mondiales Canada n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue vendredi après-midi.