Le week-end dernier, alors que de nombreux Canadiens se préparaient à affronter la pandémie de COVID-19, Jennifer Teufel-Shatilla cherchait comment aider les personnes qui ne pouvaient le faire seules.

Michelle McQuigge
La Presse canadienne

Armées de désinfectants pour les mains et de lingettes désinfectantes, sa famille et elle ont parcouru leur quartier de Burlington, en Ontario, pour distribuer des dépliants faits maison offrant leurs services gratuits aux nombreux aînés et autres résidants vulnérables de leur communauté.

Mme Teufel-Shatilla a déclaré qu’elle, son mari et leur famille recomposée de sept enfants de plus de 13 ans étaient prêts à faire leurs courses, à aller chercher des médicaments ou à s’assurer que les personnes isolées pendant l’épidémie de plus en plus grave ont ce dont elles ont besoin pour traverser la crise dans le confort.

« Si ma mère n’habitait pas près, ou si j’avais un proche devant subir des traitements de chimio ou ayant un système immunitaire plus faible, j’espère que quelqu’un ferait une telle chose pour ces êtres chers », a expliqué Mme Teufel-Shatilla lors d’un entretien téléphonique.

Mme Teufel-Shatilla a ajouté qu’elle estimait qu’il était important d’essayer d’injecter un peu de positivité dans des vies qui seraient autrement submergées par les nouvelles de plus en plus sombres liées à la propagation du nouveau coronavirus, qui a pratiquement mis un terme à la vie quotidienne des gens à mesure que le nombre de cas continue de grimper.

Les tristes nouvelles ont continué d’affluer lundi, des responsables de la Colombie-Britannique ayant signalé trois nouveaux décès dus au virus. Le nombre croissant de cas, qui a éclipsé 400 à l’échelle nationale, a incité le premier ministre Justin Trudeau à fermer la frontière canadienne à tous les ressortissants étrangers, à l’exception des citoyens américains.

Mais au milieu de la multitude de gros titres décourageants se trouvent une myriade de messages publiés par des organisations et des personnes qui tentent de donner un ton plus positif à la situation.

Un établissement Sobeys à Edmonton a reçu beaucoup d’éloges lorsqu’il a brièvement offert une heure de magasinage, tôt le matin, réservée aux personnes âgées. Des publications ultérieures ont indiqué que l’approche avait dû être annulée pour des raisons indépendantes de la volonté de l’entreprise, mais celle-ci a remercié les membres de la communauté d’avoir soutenu l’idée.

L’auteure torontoise Catherine Hernandez a commencé à offrir une heure du conte virtuelle pour les jeunes enfants qui sont à la maison en raison de la fermeture des écoles et des garderies. Les lectures sont diffusées par le biais de sa page Facebook.

Et à Montréal, une page Facebook créée par un groupe d’adolescents a commencé à offrir des services de garde d’enfants aux parents incapables de rester à la maison.

Le cofondateur du groupe, Taowa Munene-Tardif, 17 ans, a déclaré que le groupe était à l’origine composé d’élèves passés et actuels issus de la même école. Mais au fur et à mesure que la nouvelle s’est répandue, des dizaines d’autres jeunes se sont joints à eux.

Taowa Munene-Tardif a ajouté que les élèves observaient tous les protocoles de santé publique dans leurs interactions avec les familles locales, ajoutant que les adolescents souhaitaient tous contribuer pendant cette période inhabituellement stressante.

« Nous nous sommes dits : “Eh bien, nous avons le temps, pourquoi ne pas faire quelque chose de positif” », a indiqué l’adolescent.

Justin Trudeau a préconisé cette approche, lundi, lors de son discours dans lequel il a annoncé la fermeture partielle de la frontière. Il a exhorté les Canadiens à maintenir des contacts sécuritaires avec leurs proches, leurs amis et leurs voisins pour s’assurer que tout le monde résiste à l’épidémie.

Une autre femme a raconté que sa famille avait déjà bénéficié de la gentillesse non sollicitée d’étrangers.

Isabel Jordan, de Squamish, en Colombie-Britannique, ne demandait pas activement de l’aide lorsqu’elle a commencé à parler, sur un groupe Facebook communautaire, des problèmes qui peuvent survenir lorsque des gens font des réserves déraisonnables de désinfectant pour les mains.

Trois des quatre membres de sa famille ont des maladies pulmonaires sous-jacentes, et Mme Jordan a expliqué qu’elle ne faisait que s’exprimer sur le défi de se réapprovisionner dans les magasins locaux, où le désinfectant a rapidement disparu des tablettes.

Mais Mme Jordan a ajouté que son message avait instantanément suscité de nombreuses offres d’aide, dont certaines de personnes qu’elle n’avait jamais rencontrées.

Les membres du groupe ont proposé de se rendre dans les magasins près de chez eux pour trouver du désinfectant ou de lui offrir des bouteilles provenant de leurs propres réserves.

« C’est agréable de voir des gens qui ne sont pas aussi vulnérables comprendre qu’ils ont ce privilège, d’être en santé », a-t-elle déclaré. « Tendre la main pour aider les autres est vraiment réconfortant, car c’est quelque chose que je n’observe pas souvent. »