(Québec) Certains ministères et organismes parapublics ne respectent pas la directive du Conseil du trésor et tardent à mettre en place le télétravail, alors que l’État a dépensé plus de 10 millions pour l’achat d’ordinateurs portables depuis le 9 mars.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) dénonce cette situation dans un message envoyé à ses membres. Certains d’entre eux déplorent que leur employeur demande de se présenter au bureau alors que leur présence physique n’est pas essentielle.

Lundi, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a envoyé une nouvelle directive à la fonction publique : « le télétravail doit être une mesure privilégiée pour le plus grand nombre d’employés possible ». M. Dubé a pris cette mesure dans le but de « limiter la propagation de la COVID-19 ».

La directive, signée par le secrétaire du Trésor Éric Ducharme, a été envoyée aux sous-ministres et dirigeants d’organismes. « Chaque dirigeant est responsable d’autoriser et d’évaluer si cette mesure (le télétravail, NDLR) peut être mise en application pour son personnel en fonction des tâches effectuées par l’employé, de la disponibilité des outils technologiques et du maintien des services essentiels de son organisation », écrit-il.

Selon le SFPQ, « de nombreux ministères et organismes de la fonction publique du Québec ont mis en place des mesures de protection pour leur personnel ». « Toutefois, force est de constater qu’à de nombreux endroits, et malgré les rappels effectués par le SFPQ, les consignes du Secrétariat du Conseil du trésor concernant le travail à la maison sont mises malheureusement en œuvre au compte-gouttes, voire pas du tout pour certains ministères ou organismes parapublics », écrit-il. « Nous considérons qu’il est impératif que l’employeur applique dès à présent le télétravail pour un maximum de personnes employées. À court terme, l’employeur devrait conserver au bureau uniquement le personnel requis en services essentiels. Le SFPQ demande à l’employeur d’accélérer le retour à la maison pour tous les travailleuses et travailleurs dont la présence physique au travail n’est pas essentielle, tout en maintenant leur rémunération. »

Le SFPQ demande également que « les mesures de sécurité soient drastiquement resserrées » là où des employés doivent se rendre en milieu de travail afin d’assurer les services essentiels pour la continuité des activités de l’État. « Cela est particulièrement critique dans les secteurs où le personnel est en contact avec le public ».

Pour le président Christian Daigle, « le processus est trop lent, les travailleuses et travailleurs des services publics souhaitent que les consignes de la santé publique du Québec soient appliquées rapidement ».

« Les employés du secteur public qui ne sont pas obligatoirement requis devraient être retournés à la maison dès que possible pour limiter les risques. Il est temps que les ministères et organismes restreignent leurs activités à ce qui est essentiel tout comme l’Assemblée nationale vient de le faire. Nos membres demeureront au service de la population durant la crise, mais les tâches qui peuvent être reportées doivent l’être », ajoute-t-il.

Depuis le 9 mars, Québec a fait de nombreuses commandes pour acheter des ordinateurs portables. Jusqu’ici, 8682 appareils ont été reçus au Centre de services partagés du Québec (CSPQ) et auprès de ses clients, les organisations publiques. Le prix moyen étant de 1208,33 $, on parle d’une dépense totale de 10,5 millions. Le CSPQ note que l’achat de ces ordinateurs n’est pas nécessairement liée en totalité à la pandémie.