Les Services correctionnels du Canada emboitent le pas aux services correctionnels québécois et interdisent, pour les deux prochaines semaines, toute visite de détenus dans les pénitenciers au pays et au Québec.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Pour la même période, les activités communautaires telles les rencontres des mouvements Alcooliques Anonymes et Narcotiques Anonymes, seront également interdites et les audiences des détenus devant les commissaires aux libérations conditionnelles s’effectueront par visioconférence autant que faire se peut.

« Nous sommes contents des mesures. On évalue la situation au cas par cas, et au jour le jour. Quotidiennement, nous avons des discussions avec le Ministère et le Conseil du Trésor », affirme Frédérick Lebeau, président régional (Québec) du Syndicat des agents correctionnels du Canada.

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En Italie, l’annonce de mesures pour contrer les impacts de la COVID-19 dans les prisons a provoqué des émeutes et ici, syndicat et employeurs procèdent étape par étape, pour éviter de tels événements.

Depuis les derniers jours, le syndicat des agents correctionnels fait face à une certaine anxiété de la part de ses membres.

M. Lebeau représente environ 1900 agents correctionnels dans les 11 pénitenciers fédéraux au Québec.

Vendredi, la sénatrice Kim Pate a émis un communiqué dans lequel elle invitait les autorités à se doter d’un plan d’action axé sur la santé publique dans les pénitenciers.

« Ce plan comprendrait le suivi des cas de COVID-19 dans les prisons, la surveillance de l’accès à des produits de première nécessité en matière de santé et le contrôle du recours à un confinement aux cellules ou à d’autres méthodes d’isolement », a notamment déclaré la sénatrice.

Une carte d’appel

Québec a décidé vendredi d’interdire durant les deux prochaines semaines les activités et rencontres communautaires dans les 17 prisons provinciales et d’interdire les visites aux détenus. En contrepartie, ceux-ci recevront une carte d’appel pour parler à leurs proches.

Les transferts entre prisons, ou vers les palais de justice, seront également réduits au maximum, alors que le ministère de la Justice et la magistrature ont annoncé une diminution des activités judiciaires dans les palais.

Les condamnés qui purgent des peines intermittentes et qui présentent des symptômes de toux ou de fièvre, ou qui ont voyagé ces derniers temps, auront des permissions de sortie.

Enfin les établissements devront identifier des secteurs d’isolement, pour être prêts à faire face à toute éventualité, et des mesures et procédures de travail sécuritaires seront mises en place en cas de contamination ou d’isolement.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.