(Washington) Les États-Unis ont annoncé vendredi le déblocage de fonds pour mettre au point un test de dépistage rapide du nouveau coronavirus afin de faire face à la pénurie de kits de prélèvements, alors que la COVID-19 se propage dans le pays.

Issam AHMED
Agence France-Presse

Le ministère de la Santé a octroyé près de 1,3 million de dollars à deux laboratoires privés pour développer un test donnant un résultat en une heure, contre plusieurs jours actuellement. Le ministère n’a pas indiqué quand ces tests seraient disponibles.

Le pays compte quelque 1700 cas de COVID-19 confirmés et a enregistré 40 décès, selon les statistiques de l’université Johns Hopkins.

Plusieurs experts scientifiques ont critiqué la lenteur du gouvernement fédéral dans la distribution de kits de dépistage au début de l’épidémie, qui selon eux a permis à la maladie de se répandre sans être détectée.

Les tests étaient initialement réalisés uniquement au siège des Centres de contrôle des maladies (CDC), avant d’être étendus à des laboratoires de différents États américains. Mais certains kits distribués étaient défectueux et ont dû être modifiés.

Une réglementation empêchant les autorités des États de développer et utiliser leurs propres tests a été abrogée le 29 février. Des laboratoires privés ont depuis pu mettre sur le marché leurs produits.

Mais de nombreux Américains continuent à se plaindre de ne pas pouvoir se procurer de tests, même en montrant des signes d’infection.

Une ingénieure informatique de 39 ans habitant dans le nord de la Virginie a raconté à l’AFP qu’elle s’était rendue à l’hôpital le 10 mars, trois jours après avoir souffert des premiers symptômes du virus.  

Elle s’était récemment rendue en Égypte avec son petit-ami, et avait eu des contacts avec sa mère qui a développé des problèmes pulmonaires.

À l’hôpital, un médecin a suspecté une infection au nouveau coronavirus, sans pouvoir le confirmer, car les tests n’étaient pas disponibles.  

Il l’a finalement renvoyée chez elle en lui demandant de ne pas sortir.

Elle a plus tard été informée par l’hôpital que les tests de dépistage étaient rationnés, et qu’ils étaient en priorité destinés aux plus de 60 ans.

« J’ai des enfants, je vis avec des gens, j’ai un emploi, j’ai des responsabilités dans mon quartier, mais je n’ai pas de réponses à mes questions et je dois m’isoler de tout le monde », a expliqué Amy, qui ne souhaite pas être identifiée.

Le vice-président Mike Pence a indiqué récemment qu’un million de kits étaient disponibles et que des millions d’autres seraient disponibles rapidement.  

Mais le directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Robert Redfield, a précisé jeudi que ces kits n’étaient pas encore opérationnels.