(Wilmington) Les candidats démocrates à la Maison-Blanche Joe Biden et Bernie Sanders ont éreinté jeudi la gestion par Donald Trump de la pandémie de coronavirus, dénonçant son « incompétence » et son « recours à la xénophobie ».

Agence France-Presse

Les deux septuagénaires en lice pour défier le milliardaire républicain sous les couleurs démocrates en novembre ont voulu donner à leurs allocutions un air présidentiel, en s’exprimant chacun devant des drapeaux américains.  

Des experts sanitaires ont reproché aux autorités d’avoir minimisé la crise et d’avoir pris du retard dans la mise au point des tests de dépistage.

« L’échec de l’administration vis-à-vis des tests est colossal. C’est un échec dans la préparation, la direction et la mise en œuvre », a réagi Joe Biden depuis sa ville de Wilmington, dans l’État du Delaware.   

L’ancien vice-président de Barack Obama, favori des primaires démocrates, a également appelé à ne pas « avoir recours à la xénophobie », en réaction aux mots du président américain, mercredi soir.

« Appeler la COVID-19 un “virus étranger” n’écarte pas la responsabilité des mauvaises décisions prises jusqu’ici par l’administration Trump ».

PHOTO D’ARCHIVES TOM BRENNER, REUTERS

Le sénateur Bernie Sanders a aussi eu des mots très forts.  

« En terme de décès potentiels et d’impact sur notre économie, la crise à laquelle nous faisons face à cause du coronavirus est à l’échelle d’une grande guerre, et nous devons agir en conséquence », a-t-il déclaré dans sa ville de Burlington, dans l’État du Vermont.

« Malheureusement, en ces temps de crise internationale, notre administration est largement incompétente, et son incompétence et son imprudence ont mis en danger la vie de beaucoup, beaucoup de gens dans ce pays. » 

Tous deux ont proposé des mesures qui incluraient la gratuité du dépistage et la garantie de congés maladie payés, dans un pays qui ne dispose pas d’une couverture universelle et où des millions d’Américains ne sont pas, ou mal assurés.  

L’équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump a balayé leurs critiques. Bernie Sanders « tente de marquer des points politiques en alimentant la peur », a écrit son directeur de communication, Tim Murtaugh.  

Les États-Unis avaient dépassé jeudi la barre des 1300 cas d’infection au nouveau coronavirus, et 38 personnes en sont mortes, selon les statistiques de l’université américaine Johns Hopkins.

La pandémie a forcé l’annulation de rassemblements de campagne pour la présidentielle américaine cette semaine.  

L’équipe de campagne de Bernie Sanders a ainsi pour sa part exhorté jeudi tous ses bénévoles « à travailler de chez eux » et a annoncé qu’elle n’organiserait plus de « grands rassemblements et de porte-à-porte » préférant les « formats numériques et à distance ».

Un débat entre les deux rivaux des primaires démocrates, prévu dimanche dans l’Arizona, se tiendra par ailleurs finalement à Washington, sans public, a annoncé le parti.