La crainte engendrée par la propagation de la maladie à coronavirus (COVID-19) pourrait inciter davantage de Québécois à passer leurs vacances estivales dans la Belle Province plutôt que de s’envoler vers l’étranger, croit l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, qui songe à lancer une campagne visant à les convaincre de profiter de la saison chaude pour rester ici et sillonner le territoire.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

Des images du rocher Percé, du Château Frontenac, des baleines et des soirées électrisantes des festivals montréalais défilant sur une version électro pop de Pour un instant, classique du groupe Harmonium. Voilà la capsule lancée en février par l’Alliance visant à promouvoir la province à l’étranger. Or, celle-ci pourrait bien être adaptée pour s’adresser aux touristes québécois tentés de rester ici en raison de la propagation de la COVID-19 un peu partout sur la planète, a souligné Martin Soucy, président-directeur général de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse, mardi.

« On a réduit nos efforts de promotion sur la Chine, explique-t-il. [Selon] ce qui va arriver en France, on va aussi les réduire pour remettre nos billes sur les marchés de proximité [Québec, Ontario, États-Unis]. »

L’an dernier, 38 millions ont été investis à l’international pour vanter les mérites de la Belle Province comme destination touristique.

L’organisation de M. Soucy, qui représente l’ensemble des entreprises et des associations touristiques du Québec, est normalement mandatée par le ministère du Tourisme pour faire la promotion de la Belle Province à l’étranger. Or, la propagation de la COVID-19 a obligé l’Alliance, au cours des derniers jours, à revoir sa stratégie.

« Nos leviers d’investissements marketing, on va les repositionner », ajoute-t-il.

C’est certain qu’on va inciter la population à visiter les belles régions du Québec. Les gens ont visité plus de pays dans le monde que de régions du Québec. Vous avez vu le monde, alors revoyez le Québec.

Martin Soucy, président-directeur général de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec

C’est le message qu’il veut véhiculer.

Destination sécuritaire

À part la possibilité de diffuser des capsules publicitaires, l’Alliance n’avait pas encore d’exemple concret d’initiative qu’elle compte mettre en place puisque la situation concernant le coronavirus évolue quotidiennement, souligne M. Soucy.

« À l’heure actuelle, nous évaluons plusieurs scénarios avec les partenaires de promotion de la destination à l’échelle du Québec, signale pour sa part Sandra O’Connor, directrice des communications au cabinet de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx. Il est possible qu’une partie des efforts destinés aux marchés internationaux soit redéployée vers les marchés de proximité. Un plan est en élaboration. »

Le Québec demeure une destination sécuritaire pour les voyageurs et cela pourrait en effet faire pencher la balance en faveur de vacances dans la province.

Sandra O’Connor, directrice des communications au cabinet de la ministre du Tourisme

Selon les données les plus récentes fournies par l’Alliance, les Québécois représentent 73 % des visiteurs qui sillonnent la province, contre 27 % pour ceux qui viennent de l’étranger. Par contre, les visiteurs d’ailleurs « sont plus payants », rappelle Martin Soucy. Ceux-ci génèrent 53 % des dépenses, contre 47 % par les vacanciers d’ici.

Selon le ministère du Tourisme du Québec, en 2019, 3 394 258 visiteurs internationaux sont entrés au pays par la frontière du Québec. Ce chiffre n’inclut donc pas les voyageurs étrangers venus dans la Belle Province en passant d’abord par d’autres endroits au Canada.

Même situation à Montréal

Du côté du Tourisme Montréal, Manuela Goya, vice-présidente du développement de la destination et des affaires publiques, souligne également que « l’intra-Québec va devenir quelque chose de très important ».

« On va diriger nos campagnes de façon plus locale, explique-t-elle. Je ne peux pas vous dire quel angle on va prendre. [Ça sera] l’occasion de faire découvrir Montréal aux Québécois. »

Du côté du Palais des congrès, on se dit prêt à accueillir les organisations d’ici et d’ailleurs qui souhaiteraient changer de lieu pour tenir un évènement. Jusqu’à maintenant, trois congrès nationaux qui devaient avoir lieu dans la métropole ont été annulés par des groupes qui préféraient ne plus organiser de rassemblement en raison du contexte actuel.