Dans Les Schtroumpfs 2, qui a été tourné à Montréal l'an dernier, de nouveaux personnages font leur apparition, la Schtroumpfette se la joue vilaine et Gargamel est toujours schtroumpfement méchant.

Josée Lapointe LA PRESSE

Le producteur des Schtroumpfs, Jordan Kerner, s'attendait à ce que le premier film, sorti il y a deux ans, soit un grand succès. Mais jamais de cette ampleur. «Le studio espérait 350 millions au box-office mondial. Moi, je me disais qu'en bas de 400 millions, je me sentirais mal. Finalement, on a fait plus de 550 millions, presque 600...»

Jordan Kerner était fier de son coup, surtout qu'il adore les Schtroumpfs depuis longtemps - il a entre autres contribué à la création de la série d'animation qui a meublé les samedis matin de milliers de petits Américains à NBC pendant les années 80, et qui fait encore le délice des enfants partout dans le monde.

Il lui a fallu des années de négociations avec la fille de Peyo, Véronique, pour obtenir enfin les droits pour le cinéma. «Chaque fois que j'ai fait un film à partir d'oeuvres existantes, comme George of the Jungle ou Fried Green Tomatoes, mon premier souci a été de m'assurer que la descendance des auteurs soit d'accord.»

C'est lorsqu'elle a vu le scénario de Charlotte's Web en 2003 que Véronique Peyo a accepté de faire confiance à Jordan Kerner. «Je lui ai dit: ne vous inquiétez pas, on va prendre soin des Schtroumpfs.» Depuis, il n'a cessé de la consulter lors de chaque étape de travail, de l'écriture du scénario au casting. «Pour moi, c'est une partenaire. Et nous sommes devenus amis, sa famille est ma famille.»

Nouveaux personnages

La grande nouveauté de ce nouvel opus, qui est toujours un mélange de prises de vue traditionnelles et d'animation, est l'apparition de deux nouveaux personnages délinquants au teint gris, Vexie et Hackus. Gargamel, devenu un magicien célèbre en Europe, les a mis au monde dans le but de capter «l'essence» des Schtroumpfs.

Mais seuls les vrais Schtroumpfs détiennent la «magie bleue». Gargamel va donc faire enlever la Schtroumpfette pour y arriver. Le Grand Schtroumpf demande alors l'aide de Patrick Winslow (Neil Patrick Harris) pour aller la récupérer à Paris...

«Ils sont si gentils, si attrayants, si mignons! Dans notre monde où tout est noir, des personnages porteurs d'amour, d'espoir, de magie et de plaisir ne peuvent qu'entrer dans le coeur des gens. Et le bleu est une si belle couleur...»

Tourné à Montréal

Le tournage des Schtroumpfs a eu lieu il y a un an à Montréal. «Ils ont tourné pendant trois mois, dans une demi-douzaine de lieux, surtout dans le Vieux-Montréal», explique Hans Fraikin, commissaire national du Bureau de la télévision et du cinéma du Québec.

Par exemple, un bureau d'avocats situé à l'angle des rues Saint-Pierre et Saint-Sacrement a été transformé en magasin de bonbons, l'hôtel parisien du film est le Saint-Sulpice, et la scène de l'opéra est en fait celle... du théâtre Denise-Pelletier. 

Le producteur ne tarissait pas d'éloges envers les techniciens québécois. «Nous sommes venus ici parce que l'histoire se déroule en grande partie à Paris et que le Vieux-Montréal nous permettait de le recréer. Mais nous avons été impressionnés par l'ambiance de travail, la souplesse, les véritables artistes qui ont travaillé avec nous. En fait, je les amènerais partout avec moi, tout le temps! Je ne peux pas faire de plus grand compliment», affirme Jordan Kerner.

«C'est une validation du savoir-faire québécois», estime Hans Fraikin. Et la prédiction de Jordan Kerner - «les studios de Mel's seront très occupés par Sony dans les prochaines années» - s'est avérée.

«Le tournage de White House Down à Montréal, c'est à 100 % le résultat de celui des Schtroumpfs.» Et le troisième volet pourrait aussi en grande partie être filmé à Montréal, même s'il se passe dans un village médiéval. «C'est sur la bonne voie», dit Hans Fraikin.

> Les Schtroumpfs 2 prendra l'affiche le 31 juillet.