L'Hôpital de Montréal pour enfants aurait trouvé la trace de Charlie Chaplin dans ses archives.

Mis à jour le 24 août 2012
Hugo Pilon-Larose LA PRESSE

C'est du moins ce qu'affirme Karine Raynor, historienne de l'art qui parcourt les hôpitaux du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) depuis cinq ans, à la recherche de traces du passé.

«J'ai reçu un appel de Jo-Ann Trempe, de l'Hôpital de Montréal pour enfants, relate Mme Raynor. Elle m'annonçait qu'elle avait en sa possession plus de 15 000 photos d'enfants, de docteurs et de personnalités publiques qui ont passé au Children depuis sa fondation. En faisant l'inventaire de ses microfilms, elle a trouvé ce qu'elle pense être Charlie Chaplin qui aurait visité l'hôpital. Mais la bande est extrêmement fragile et pourrait se désintégrer si on la met dans un projecteur.»

Jusqu'à ce jour, impossible de visionner le microfilm. Karine Raynor et son équipe n'ont pas les moyens techniques ni financiers pour le faire en toute sécurité. Mais ce petit trésor n'est pas oublié. Il faut attendre le bon moment, dit-elle, pour le rendre accessible au grand public. C'est là que son mandat devient excitant et différent du travail habituel d'une historienne de l'art.

Des trésors oubliés

La transition des hôpitaux du CUSM vers le nouvel hôpital du site Glen, à la station de métro Vendôme, n'est pas une tâche facile. L'ouverture est prévue pour 2015, ce qui laisse peu de temps à Karine Raynor pour terminer son travail.

«On est en train de bâtir une collection qui racontera notre mémoire collective. C'est tout un pan de l'histoire de Montréal et du Québec qui se retrouve éparpillé dans nos hôpitaux. On a une occasion fabuleuse, qu'ont peu de sociétés, de se demander ce qu'on veut protéger et mettre en valeur», dit Mme Raynor.

Si l'occasion de mettre ces oeuvres en valeur est une chance incroyable, ce que l'on trouve l'est tout autant. Impossible d'avoir une liste exhaustive des objets découverts, car elle et son équipe en sont au tiers du recensement.

«La collection du CUSM détient un vitrail de Mary Filler, une artiste importante qui a travaillé le verre. On a retrouvé une fresque de Marian Dale Scott, peinte en 1956, intitulée Tree of Life. On a aussi les médaillons des infirmières de l'hôpital Royal Victoria», énumère Mme Raynor.

«On a aussi retrouvé un tableau de Frederick Banting qui a été peint avant qu'il se consacre à la recherche médicale. Banting (qui a découvert l'insuline avec son étudiant Charles Best) était ami avec A. Y. Jackson, membre du groupe des Sept.»

Un CUSM à la silhouette artistique

Le comité de transition de l'hôpital souhaite valoriser tous ces objets. Pour ce faire, l'équipe de Mme Raynor prépare des expositions temporaires qui seront présentées dans le grand hall de l'hôpital.

«On veut que les collections soient intégrées à l'hôpital comme points de repère. Quand on est dans un hôpital, on vit souvent dans le futur, on se pose des questions, on vit un grand stress. En intégrant des oeuvres d'art, on permet aux patients d'entrer dans un état de contemplation», estime Mme Raynor.