Sonia Sarfati LA PRESSE

Malgré une campagne de promotion qui, en apparence, flirte avec celle des mégaproductions et malgré des attentes monumentales tant de la maison de production que des fans des romans, Twilight n'est pas un film à gros budget: on parle ici de 37 millions, ce qui explique entre autres l'absence de stars à son générique.

Bref, on est loin des distributions «lourdes» et de la moyenne de 130 millions dont a bénéficié chaque épisode de Harry Potter, même si on compare souvent les deux phénomènes - chose que vient renforcer le fait que, la sortie de Harry Potter and the Half-Blood Prince ayant été repoussée à l'été 2009, le lancement du film de Catherine Hardwicke, qui devait originellement se faire en décembre, a été devancé à la date où le sorcier à lunettes devait faire sa sixième incursion au grand écran.

Il faut dire que Summit Entertainment mise beaucoup sur cette adaptation du best-seller de Stephenie Meyer. Un succès au box-office pourrait donner à ce studio indépendant les moyens d'aller jouer dans la cour des grands. Le budget des films suivants - les acteurs ont signé pour deux autres - seraient alors probablement augmenté. Et c'est tant mieux.

Parce qu'il faut l'avouer, si le long métrage s'avère, au plan de l'intrigue, une excellente adaptation du livre, les effets spéciaux, eux, ne sont pas du calibre de ceux auxquels nous sommes habitués au grand écran en ces années de pouvoirs magiques et de super-héros.

Il en va un peu de même en ce qui a trait aux maquillages: difficile de recréer de façon convaincante la pâleur (mortelle) des vampires. Un simple faux pas et le visage translucide devient «face de mime». «Nous avons eu droit à une semaine de tests de fonds de teint et d'autres produits. À la fin, ils ont opté pour un procédé «ionisant» venu du Japon. Ça nous donnait un choc électrique à l'application... mais comme c'était le matin, ça nous réveillait!» rigole Peter Facinelli (le «patriarche» de la famille Cullen).

Autre contrainte lors de ces 48 jours de tournage: l'âge de Kristen Stewart. «Elle a eu 18 ans 15 jours à peine avant la fin du tournage, rappelle Catherine Hardwicke. C'est dire que pendant cinq semaines, elle était mineure et ne pouvait faire des journées complètes.» Mais là, le talent a compensé pour le nombre d'heures de travail.