LA PRESSE CANADIENNE

Le réalisateur du film d'ouverture du Festival des Films du Monde (FFM) Louis Bélanger s'est montré conciliant et non belliqueux lorsqu'on lui a parlé de la prétendue rivalité entre le festival montréalais et celui de Toronto (TIFF), qui attire le tout-Hollywood.

«Toutes ces guerres au sujet des festivals me dépriment», a simplement lancé Louis Bélanger.

Le réalisateur et scénariste du long métrage Route 132 a choisi d'emprunter la voie de la dignité alors qu'il s'entretenait avec les journalistes lors de la conférence de presse qui donnait le coup d'envoi aux festivités, jeudi.

Cela n'a toutefois pas empêché les acteurs du film de se livrer - de bonne guerre - à des commentaires partisans.

«Nous pensons que celui de Montréal est mieux», a lancé le comédien François Papineau, qui s'est mis à rigoler en voyant les gens rire et applaudir dans la salle.

Pour Louis Bélanger, chaque festival représente surtout une opportunité de présenter des films.

«Comme réalisateur, c'est une chose fantastique, a-t-il plaidé. C'est un endroit où on peut rencontrer d'autres cinéastes, parler de cinéma et voir des films qu'on ne verrait pas en temps normal.»

«C'est très important.»

Cette année, le Festival de Toronto a annoncé le nom des films canadiens qui étaient à son programme en même temps que le FFM, ce qui a fait couler beaucoup d'encre et fait grincer bien des dents.

Un éditorialiste montréalais avait d'ailleurs accusé Toronto de porter «un coup délibéré (...) au FFM, une tentative de souligner que Toronto en fait plus pour le cinéma québécois que Montréal».

Le président du FFM Serge Losique avait dénigré le festival de la Ville-Reine dans une entrevue qu'il avait accordée à un journaliste, affirmant que celui-ci carburait aux délégations holywoodiennes tandis que celui de Montréal présentait du cinéma de classe mondiale.

Au fil des ans, le TIFF de Toronto a éclipsé le FFM de Montréal grâce au pouvoir d'attrait qu'il exerce sur les vedettes. On considère d'ailleurs que c'est à Toronto que débute la saison des Oscars.

Clint Eastwood, Robert De Niro, Bill Murray, Helen Mirren et Bruce Springsteen font partie des grands noms qui prendront Toronto d'assaut entre le 9 et le 19 septembre.

Toronto propose en effet plus de films québécois que le FFM: Incendies (Denis Villeneuve), Les amours imaginaires (Xavier Dolan) et Curling (Denis Côté) seront tous les trois présentés au TIFF.

Même Route 132 sera présenté en première au Canada anglais à Toronto.

Le film, qui sera présenté avec des sous-titres en anglais, raconte l'histoire de Gilles et Bob, deux vieux amis un peu escrocs, qui prennent la route vers une destination inconnue. Leur périple sera parsemé de rencontres imprévisibles et le voyage prendra une tournure inattendue, amenant Gilles et Bob sur le chemin de l'espoir et du renouveau.

Louis Bélanger considère que «Montréal est une très bonne plateforme de lancement», lui qui a présenté deux de ses opus (Gaz Bar Blues et Le Génie du crime) au FFM dans le passé.

«Le festival a été très bon pour mes trois derniers films, a-t-il souligné. Et plus il y a de festivals, mieux c'est pour moi!»