Publié le 26 mars 2011
André Duchesne LA PRESSE

Les deux acteurs ne se connaissaient pas. Mais dès la première lecture du scénario du film Le colis, Emmanuel Bilodeau et Gildor Roy ont compris que la pâte allait lever.

«Je trouvais que Le colis était une bonne histoire et j'avais envie de la voir au cinéma. Puis, élément non négligeable, j'allais jouer avec Emmanuel, que je ne connaissais pas, mais que je trouvais bien bon, dit Gildor Roy. Ça me tentait de travailler avec lui. On s'est assis pour lire le texte et ç'a marché tout de suite. J'aime son énergie. Il a l'air d'aimer le métier d'acteur. Ça n'a pas l'air douloureux. Moi, la création dans la douleur, je ne crois pas à cela. Je me tiens loin de ça.»

Emmanuel Bilodeau révèle de son côté que Roy et lui se sont si bien entendus qu'ils ont évoqué l'idée de se dénicher un scripteur pour leur écrire un spectacle d'humour commun. Malheureusement, leurs horaires ne permettront pas au projet de se concrétiser dans un proche avenir.

>>>Lisez l'entrevue Le colis: paquet voleur d'André Duchesne

«On a vraiment trippé, on s'est très bien entendus, dit Bilodeau. J'ai bien fait rire Gildor, qui est un excellent public. Et il m'a fait rire aussi.»

Obsession de l'argent

Homme fauché, le personnage de Bilodeau n'en est pas moins sympathique. Au milieu de l'histoire, ce dénommé Michel Beaulieu devient un père seul qui se décarcasse pour rendre heureuse sa fille Jade (lumineuse Alice Morel-Michaud). Une scène à la chandelle entre Michel et Jade est d'une tendresse inouïe. «C'est mon tout premier rôle principal dans un film destiné au grand public et j'ai trouvé ça le fun d'avoir à jouer un rôle qui n'est pas de composition», dit le comédien.

Quant à Gildor Roy, il se définit aux antipodes de son personnage très compulsif de Jacques St-Louis. «Au moment du tournage, il y avait beaucoup de tournois de poker, c'était comme cool, c'était dans l'air, dit-il. Des gens connus jouaient au poker. Moi, j'avais un questionnement face à cela. Je trouvais ça intéressant, car c'est très loin de moi. Je n'ai aucune fibre face au jeu ou au hasard.»

Il ne comprend pas plus les gens qui vivent dans la prétention ni l'obsession des individus et des médias à l'égard de l'argent. «Il y a des réacteurs nucléaires qui menacent de sauter au Japon et qu'est-ce qui ouvre les bulletins d'information américains? L'influence de la catastrophe sur la Bourse, dit-il avec un certain dépit. Même chose avec la Libye. On s'inquiète de l'influence du conflit sur le prix du baril de pétrole.»

Conclusion: Le colis nous rappelle ce vieil adage voulant que l'argent ne fait pas le bonheur.