Respect envers Netflix par l'industrie du cinéma, reconnaissance du succès populaire des films de superhéros, consécration d'Alfonso Cuaron, les bonnes surprises et les laissés-pour-compte, voici cinq choses à retenir des nominations pour la 91e cérémonie des Oscars.

Mis à jour le 22 janv. 2019
LAURENT BANGUET AGENCE FRANCE-PRESSE

Netflix dans la cour des grands

Si le géant de la vidéo à la demande Netflix n'était pas encore totalement respecté par les studios traditionnels (qui lui reprochent surtout d'être un redoutable concurrent), la kyrielle de nominations récoltée mardi devrait contribuer à asseoir sa réputation de créateur de contenus de qualité: quatorze au total, dont Roma dans la catégorie phare du «meilleur film».

Le film du Mexicain Alfonso Cuaron obtient dix nominations tandis que The Ballad of Buster Scruggs, dernière oeuvre des frères Joel et Ethan Coen, en a trois. Et Netflix est également sélectionné avec End Game dans la catégorie du «meilleur court métrage documentaire».

La plateforme fait état d'une quinzième nomination dans cette catégorie pour Period: End of Sentence mais elle n'est curieusement pas recensée dans la liste fournie par l'Académie des Oscars.

L'an dernier, Netflix avait été sélectionné à huit reprises, dont quatre pour le drame historique Mudbound.

La panthère noire porte bonheur

De nombreux cinéphiles reprochent aux Oscars d'avoir pris une posture élitiste et de sélectionner trop souvent des films de genre, voire des exercices de style vus seulement par une minorité. Interdiction de se plaindre cette année: Black Panther, numéro un dans les salles mondiales en 2018, décroche sept nominations, dont une pour le «meilleur film».

Le premier film de l'univers cinématographique Marvel consacré à un superhéros noir devient également le premier du genre à réussir un tel exploit.

Cuaron au top

Déjà lauréat de l'Oscar du meilleur réalisateur pour Gravity en 2014, le Mexicain Alfonso Cuaron réussit encore une performance cette année avec 10 nominations pour Roma, une ode en noir et blanc à son enfance dans le Mexico des années 1970, ainsi qu'à sa mère et à sa nounou.

Et Cuaron est personnellement sélectionné à quatre reprises: «meilleur film» (en tant que producteur), meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure photographie !

Seuls quelques grands noms en avaient fait autant avant lui, tels les frères Coen pour No Country for Old Men. Warren Beatty avait lui aussi obtenu quatre nominations dans quatre catégories différentes, à deux reprises, d'abord pour Heaven Can Wait, puis pour Reds.

Les bonnes surprises

Trente ans après le choc de Do The Right Thing qui l'avait révélé au grand public, le réalisateur noir américain Spike Lee est enfin nommé dans cette catégorie prestigieuse pour BlacKkKlansman.

Le Polonais Pawel Pawlikowski, que très peu de spécialistes d'Hollywood avaient vu venir avec Cold War, n'aura pas attendu aussi longtemps et sera lui aussi en lice pour le trophée du «meilleur réalisateur».

Chez les acteurs, la présence de Willem Dafoe pour Eternity's Gate en surprend également plus d'un.

Enfin de nombreux critiques se réjouissent de la nomination de l'actrice principale de Roma, Yalitza Aparicio, une comédienne amatrice, institutrice de formation et repérée par hasard lors du casting de sa soeur.

Les déçus

Il a beau être nommé dans trois catégories pour A Star Is Born (meilleur acteur, meilleur scénario adapté et meilleur film), Bradley Cooper a raté le coche en tant que réalisateur, une absence remarquée par les experts.

Le beau gosse Timothee Chalamet, encore récemment coqueluche de Hollywood, n'a pas non plus été retenu dans la catégorie du meilleur second rôle masculin pour Beautiful Boy.

Autre gros regret, aucun membre de la distribution de Black Panther, pourtant prestigieux (Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita  Nyong'o...) n'a réussi à décrocher le précieux sésame.