La COVID-19 n’arrêtera pas le festival Vues d’Afrique. La 36e édition de cet événement montréalais aura lieu du 17 au 26 avril sur TV5.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

En conférence de presse ce matin, les organisateurs de l’événement ont dévoilé l’ensemble de la programmation ainsi que le partenariat conclu avec le diffuseur TV5 pour la présentation des films sur la plateforme www.tv5unis.ca.

Précision tout de suite que les films sélectionnés pourront être vus gratuitement durant une période de 48 heures selon une grille horaire dont les détails restent à déterminer.

Quelque 1600 films ont été soumis pour cette 36e édition. Au départ, 64 titres avaient été retenus, mais, en raison du passage obligé du festival du grand écran vers le numérique, ce sont 37 œuvres qui seront présentées, soit 23 fictions et 14 documentaires.

Parmi ces titres, on retiendra par exemple la comédie Le miracle de Saint Inconnu du marocain Alaa Eddine Aljem. Présenté à la Semaine de la critique de Cannes en 2019, le film raconte l’aventure rocambolesque d’un homme qui, poursuivi par la police, enterre sa fortune au milieu du désert. Pour la retrouver, il érige un tombeau très sommaire. Or, dix ans plus tard, l’endroit est devenu un grand lieu de culte.

Notre-Dame du Nil d’Atiq Rahimi est par ailleurs est un drame campé dans un internat catholique du Rwanda dans les années 1970 alors que surviennent des tensions entre Tutsis et Hutus. Ce qui s’y passe annonce le génocide tragique de 1994.

Le père de Nafi de Mamadou Dia évoque par ailleurs les querelles entre deux frères habitant un village sur fond de montée d’un extrémisme religieux. On pourra aussi voir Les Charognards d’Abdoulaye Dao et Erik Langani dans lequel un vieil orpailleur doit s’occuper du cadavre d’un cousin parce que les autorités religieuses refusent d’inhumer ce non-croyant.

Plusieurs documentaires seront aussi présentés tel Aux frontières du texte d’Arnold Antonin au sujet du poète Anthony Phelps, Cilaos de Claire Perdrix sur le pénible sort de travailleurs de la Réunion ou encore Congo Lucha de Marlène Rabaud sur la lutte pacifique de jeunes militants pour le départ de l’ancien président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo.

Une section Regards d’ici est consacrée à des films québécois ou canadiens consacrés à l’Afrique. Par exemple, Pour ne plus mourir de Simon Plante trace, à travers la mort d’un jeune homme du Bénin, le portrait de sa famille endeuillée, mais aussi de la riche spiritualité de ce pays, berceau du vaudou. La cinéaste Sara Nacer revient quant à elle sur les plus récents mouvements de révolte contre le pouvoir dans Qu’ils partent tous.

Des courts métrages et des Matinées ciné-jeunesse seront aussi proposés durant la durée du festival.

Tous les détails à vuesdafrique.org.