(Paris) Juliette Gréco a joué dans des films célèbres sans jamais y trouver la notoriété que lui valut la chanson, mais a tenu la France en haleine pendant de longues semaines avec Belphégor.

Agence France-Presse

Le feuilleton télévisé, où elle jouait le rôle principal, celui d’un « fantôme » errant dans le Musée du Louvre, a été un immense succès sur le petit écran en 1965.

Avant cela, Juliette Gréco, qui fut l’égérie d’un puissant producteur d’Hollywood, Darryl Zanuck, tenta l’aventure hollywoodienne. C’est sur le tournage aux États-Unis d’un film d’Henry King, Le soleil se lève aussi (1957), dans lequel elle tenait un rôle, qu’elle fit la rencontre du producteur.

Profondément amoureux, Darryl Zanuck rêvait de faire de sa compagne une vedette hollywoodienne.

Juliette Gréco joua en 1958 dans Bonjour tristesse, une adaptation du roman de Françoise Sagan, par Otto Preminger. Elle tourne aussi dans Les racines du ciel (1958) sous la direction de John Huston et dans Drame dans un miroir (1960) de Richard Fleischer aux côtés d’Orson Welles.

L’année suivante, elle retrouve Richard Fleischer pour Le grand risque. Mais l’histoire d’amour entre « la muse de l’existentialisme » et le prestigieux producteur américain prend fin. « Tout s’est déglingué », racontait Juliette Gréco : « Je suis un animal totalement sauvage. Il ne faut pas chercher à m’enfermer », même dans une « cage dorée ».

Gréco reprend alors sa carrière de chanteuse, mais ne rompt jamais avec le cinéma où elle avait débuté en 1948 dans un rôle de religieuse. En 1949, elle jouait dans Au royaume des cieux de Julien Duvivier, puis dans Orphée (1950) de Jean Cocteau.

C’est sur le tournage de Quand tu liras cette lettre de Jean-Pierre Melville (1953) qu’elle avait rencontré son premier époux le comédien Philippe Lemaire, dont elle eut une fille avant de divorcer en 1956. « Le blond, ravissant, rieur Philippe Lemaire. Le très bon comédien trop beau », a-t-elle écrit dans son livre de mémoires Jujube.

En 1966, elle tombe à nouveau amoureuse d’un acteur, Michel Piccoli, qu’elle épousera. Ils divorceront après dix ans de vie commune.

Dans un livre paru en 2015, Piccoli (décédé en mai dernier) avait évoqué leur coup de foudre : « je me disais : que se passe-t-il ? Étonnant ! Merveilleux ! » « Un jour elle m’a dit : “Va-t’en”. Presque de cette façon. Ç’a été douloureux, de mon côté en tout cas ».

La musique finira par triompher complètement dans le cœur de Juliette Gréco, déjà éprise dans sa jeunesse de l’icône du jazz, le trompettiste américain Miles Davis : elle devient la compagne, puis la femme en 1989 du compositeur et ancien pianiste de Jacques Brel, Gérard Jouannest (décédé en 2018), qui composait pour elle et l’accompagnait au piano depuis 1968.