(Paris) Deux fois lauréate d’un Oscar, l’actrice britannique naturalisée américaine et française Olivia de Havilland s’est éteinte dimanche à l’âge de 104 ans. Elle avait osé jadis défier le système hollywoodien des contrats.

Hillel Italie
Associated Press

De Havilland est morte de causes naturelles dans sa maison, à Paris, a indiqué l’agente de publicité Lisa Goldberg. Elle s’était installée dans la Ville-Lumière à la suite de son mariage avec le secrétaire général du Paris Match, Pierre Galante, en 1955. Elle y était restée, même après son divorce en 1979.

Elle était aussi la sœur de Joan Fontaine, elle-même lauréate d’un Oscar.

Son rôle le plus connu est sans doute celui de la gentille Melanie Wilkes dans Gone with the Wind, qui lui avait valu une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1940.

Elle avait été élue meilleure actrice pour les films To Each His Own en 1944 et The Heiress en 1950. Elle compte aussi à son palmarès le prix de l’interprétation féminine à la Mostra de Venise, obtenu en 1949 pour son jeu dans The Snake Pit.

Le rôle de Melanie Wilkes a toujours rappelé de bons souvenirs à l’actrice. « C’est l’une des expériences les plus heureuses que je n’aie jamais vécues de ma vie. C’était faire quelque chose que je voulais faire, jouer un personnage que j’aimais. »

Mais de Havilland a souvent été cataloguée dans le même type de personnage. Les producteurs l’ont limitée aux rôles de femmes douces et romantiques, même si elle cherchait à relever de plus grands défis.

Sa frustration l’avait même amenée à intenter des poursuites contre la Warner Bros en 1943 lorsque le studio a tenté de la garder même si son contrat était expiré, sous prétexte qu’elle aurait refusé des rôles. Plusieurs actrices avaient tenté en vain d’y parvenir dans les années 1930, mais de Havilland a obtenu gain de cause lorsque la Cour d’appel de Californie avait statué qu’aucun studio ne pouvait prolonger un accord sans le consentement de l’artiste.

La décision est encore officieusement appelée la « loi de Havilland ».

En 2008, de Havilland a obtenu la National Medal of Arts. Deux ans plus tard, elle était décorée de la Légion d’honneur de la France.

De Havilland a aussi connu des relations conflictuelles avec sa sœur Joan Fontaine. En 2016, elle l’a décrite comme un « dragon ».

« Pour ma part, je l’ai toujours aimé, même nos relations se sont effacées, même si elles s’étaient rompues. La femme-dragon, comme je la surnommais, était une personne brillante aux talents multiples, mais elle souffrait d’astigmatisme quand elle percevait les gens et les évènements. Elle réagissait souvent de manière injuste et même injurieuse. »