La cinéaste et cofondatrice de l’organisme Wapikoni mobile, Manon Barbeau, a reçu cet après-midi un doctorat honorifique de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UAQT) saluant son engagement constant auprès des communautés autochtones.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

L’UQAT a aussi remis un doctorat honorifique aux trois fondateurs du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT), Jacques Matte, Louis Dallaire et Guy Parent, dont la 39e édition est attendue cet automne.

« Femme de cœur, de tête et de conviction, cette réalisatrice et scénariste a choisi dès ses débuts de tourner sa caméra vers la frange invisible de la société ; les laissés-pour-compte, dit-on de Mme Barbeau dans un communiqué de presse. Les valeurs de faire par, pour et avec les communautés autochtones sont profondément partagées entre cette grande femme et l’UQAT. »

Jointe par La Presse, Manon Barbeau s’est montrée ravie par la réception d’un premier doctorat honorifique dans sa carrière.

« Cela me fait spécialement plaisir pour deux choses, dit-elle. D’abord parce que j’ai étudié en animation culturelle, médium cinéma dans le réseau de l’Université du Québec (à l’UQAM) et que c’est exactement ce que je fais avec le Wapikoni. Et parce que dès la première année de nos activités, en 2004, nous sommes allés à la rencontre des nations atikamekw et anishnabe en Abitibi-Témiscamingue. Notre premier participant fut nul autre que Samian ! J’ai donc l’impression de boucler la boucle. »

Chaque année, le Wapikoni sillonne les routes de l’Amérique pour aller à la rencontre des jeunes des Premières Nations. Des animateurs donnent des cours de formation et création audiovisuelles dans le but de faire échec au haut taux de suicide, de toxicomanie et de décrochage scolaire dans les communautés des participants. Nombre de cinéastes bien connus aujourd’hui ont été animateurs à cet organisme.

L’engagement de Mme Barbeau a été salué de nombreux prix et hommages au fil des ans. Elle est entre autres membre de l’Ordre eu Canada et officière de l’Ordre national du Québec.

Quant aux trois fondateurs du FCIAT, ils œuvrent dans le domaine depuis 1982. Le communiqué de l’UQAT souligne que tous trois sont, depuis le début, unis par leur passion du cinéma et de leur région. Leur travail a permis de créer un événement culturel unique et rassembleur à une époque où il y en avait très peu en Abitibi-Témiscamingue, ajoute-t-on.

Les annonces d’aujourd’hui ont été faites en ligne. Une cérémonie en personne doit avoir lieu dans les prochains mois, lorsque les conditions de santé et de sécurité le permettront.