(Bruxelles) Bruxelles, où Agnès Varda est née en 1928, lui a toujours rappelé son enfance : un potager et une salle de cinéma de la capitale belge portent désormais le nom de la réalisatrice française décédée en mars, afin d’immortaliser ce lien.

Agence France-Presse

L’hommage a été rendu mardi en présence d’amis et de proches de cette figure de la Nouvelle Vague, à Ixelles, commune au cœur de l’agglomération bruxelloise, où elle a vu le jour le 30 mars 1928.

Son père, un Grec naturalisé français après avoir servi dans la Légion pendant la guerre 1914-18, s’était installé en Belgique avec son épouse française, car il y travaillait comme ingénieur dans l’industrie.

Agnès Varda, troisième d’une fratrie de cinq, a vécu jusqu’à ses 12 ans dans la capitale belge, non loin des étangs d’Ixelles.

Selon sa fille, Rosalie Varda, qui participait mardi à l’hommage, la cinéaste et plasticienne est souvent revenue à Ixelles, notamment à l’occasion d’une exposition qui lui avait été consacrée en 2016.

« C’était comme une madeleine de Proust pour elle de revenir ici […] Il y avait toujours quelque chose d’un petit peu tendre quand elle parlait de la Belgique », a affirmé Rosalie Varda à l’AFP.

Une plaque commémorative a été dévoilée sur la façade de la maison natale d’Agnès Varda, en présence également de son frère Jean et de sa sœur Sylvie.

Non loin de là, une salle du complexe de spectacles Flagey devait officiellement être baptisée dans la soirée du nom de l’artiste, le Studio 5-Agnès Varda.

Dans un clin d’œil à sa fibre écolo et à son travail sur les pommes de terre (l’exposition Patatutopia créée pour la Biennale de Venise en 2003), un potager urbain géré collectivement portera aussi son nom dans sa commune natale.

« Elle a toujours été attirée par les légumes. Je pense que si elle peut nous voir quelque part, elle va être très contente d’avoir un petit bout de potager à Ixelles », a commenté en souriant sa fille, costumière pour le cinéma et le théâtre.

Compagne du cinéaste Jacques Demy (mort en 1990) avec lequel elle a eu un fils, Agnès Varda a laissé une œuvre onirique, humaniste, radicale, mais aussi fantaisiste et drôle.

Elle est notamment l’auteure de Cléo de 5 à 7 (1962), Sans toit ni loi (film récompensé par un Lion d’or à Venise en 1985) ou encore Les plages d’Agnès (2009).