(Paris) Aux côtés du réalisateur philippin Lav Diaz, chouchou des festivals, des Français Rebecca Zlotowski et Bertrand Bonello, la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle cannoise, va mettre à l’honneur cette année des cinéastes faisant leur premier pas sur la Croisette.

Agence France-Presse

Sur les 24 longs métrages sélectionnés, 16 sont le fruit de réalisateurs dont « c’est la première fois à Cannes », a souligné mardi l’Italien Paolo Moretti, le tout nouveau délégué général de la Quinzaine, ayant succédé à Edouard Waintrop.

« L’ADN de la Quinzaine, c’est d’aller vers des éclats visionnaires, des visions inattendues et de faire confiance aux réalisateurs qui osent aller vers des terrains inexplorés », a souligné M. Moretti à l’AFP. Son rôle est « d’apporter quelque chose en plus pour enrichir la proposition d’ensemble du Festival de Cannes ».

« Il n’y a pas de question concurrentielle », a assuré Paolo Moretti.

Parmi les films en lice, figurent le nouvel opus de Lav Diav (The Halt), le très attendu The Lighthouse de Robert Eggers (The Witch), un film d’horreur avec Robert Pattinson et Willem Dafoe et le nouveau film de Rebecca Zlotowski (Une fille facile) avec l’ancienne escorte Zahia Dehar à l’affiche. Il y sera question d’une jeune fille qui suit sa cousine au mode de vie très libre, le temps d’un été.

Deux films français auront les honneurs de l’ouverture (Le daim, de Quentin Dupieux) et de la clôture de la Quinzaine (Yves de Benoit Forgeard), sur « l’étrange relation d’un rappeur avec son frigo intelligent ».

Film Netflix

Il faudra aussi compter avec Alice et le maire, deuxième long métrage du Français Nicolas Pariser, sur la vie politique dans une grande ville, avec Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier, Zombi Child de Bertrand Bonello, entre Paris et Haïti, Perdrix d’Erwan Le Duc, avec Swann Arlaud, César du meilleur acteur pour Petit paysan, et On va tout péter, un documentaire de Lech Kowalski sur un mouvement de lutte de salariés.

Au rayon des curiosités, Dog don’t wear pants, un film scandinave qui parle de « renaissance par le biais de pratiques extrêmes sadomasochistes » ou Oleg de Juris Kursietis, sur « la descente aux enfers d’un travailleur détaché », a indiqué le délégué général lors d’une conférence de presse mardi.

À noter également, la présence d’un film Netflix (Wounds), un thriller psychologique de Babak Anvari, avec Armie Hammer et Dakota Johnson sur « l’explosion d’un couple à cause des nouvelles technologies ».

Les films Netflix sont exclus de la compétition en sélection officielle pour cause d’incompatibilité avec le règlement cannois, qui impose une sortie en salles. Qui plus est, « cette année, il n’y avait pas de films (Netflix) prêts », a affirmé la semaine dernière Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, en présentant la sélection 2019.

Dans le cadre de la Quinzaine, le réalisateur américain John Carpenter, maître du fantastique (Halloween, The Thing, Christine), recevra le Carrosse d’or, prix annuel décerné par la Société française des réalisateurs de films (SRF).

Depuis 2002, les cinéastes de la SRF distinguent un de leurs pairs à l’ouverture de la Quinzaine, qui sera également marquée par une classe de maître de l’Américain Robert Rodriguez et la présentation de The Staggerig Girl, un moyen métrage de Luca Guadagnino, le réalisateur de Call me by your name, avec une distribution menée par Julianne Moore.