Avec la sortie à l’automne du neuvième et dernier épisode de la saga Skywalker, l’ouverture des parcs thématiques Galaxy’s Edge et le dévoilement de la série The Mandalorian sur la nouvelle chaîne télé Disney+, le monde de Star Wars est en pleine ébullition. En ce « May the Fourth », journée consacrée à l’univers créé par George Lucas, on fait le point avec des passionnés.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

L’année 2019 restera l’une des plus significatives pour le mythique opéra de l’espace. On a pu prendre la pleine mesure de cette effervescence à l’occasion de la Star Wars Celebration, qui s’est déroulée à Chicago il y a quelques semaines.

D’ailleurs, une centaine d’amateurs du Québec se sont rendus sur place pour assister à cet événement incontournable pour les fans. Sylvain Morency, fondateur du groupe Star Wars Geeks Québec, était du nombre : « La période que l’on vit actuellement est exceptionnelle, nous a-t-il affirmé. Disney a beau avoir fait quelques erreurs, notamment avec la sortie trop rapide des deux derniers films, ils ont tout de même présenté cette année l’ensemble des carrefours qu’ils vont emprunter, ce qui fait probablement de 2019 la plus grosse année Star Wars. »

« Bien sûr, on ne peut pas comparer avec les années 80, où c’était une véritable révolution, mais Disney a de bonnes équipes en place pour rentabiliser cet univers-là. » 

L’enthousiasme de ce gestionnaire en milieu hospitalier est généralement partagé par les autres fans, avec quelques nuances. C’est le cas de Simon Gauvin, commandant de la Garnison Forteresse impériale, le plus important club costumier québécois à se consacrer à l’univers de Star Wars : « Tout va dépendre de la façon dont Disney gère sa propriété intellectuelle, nous a-t-il dit. Ils ont admis, avec Solo, qu’ils étaient allés un peu trop vite en le lançant quelques mois après The Last Jedi. On peut donc craindre que l’on torde l’univers et que l’on dilue le produit. Mais l’univers de Star Wars est très vaste, il y a des milliers d’années d’histoire, il y a de la matière pour faire de bonnes histoires, de bons produits. L’avenir va nous dire si ça va se concrétiser. »

Intergénérationnel 

IMAGE FOURNIE PAR LUCAFILM

La série The Mandalorian sortira en novembre aux États-Unis sur la nouvelle chaîne en flux continu Disney+.

Malgré les critiques essuyées par la deuxième trilogie de films et, dans une moindre mesure, par The Last Jedi et Solo, les producteurs ont réussi à passer le flambeau à la nouvelle génération, qui a plongé à son tour dans l’univers de Star Wars, notamment grâce aux jeux vidéo, mais aussi aux séries animées comme The Clone Wars – on vient d’ailleurs d’en annoncer la septième saison pour le début 2020.

« C’est un univers qui m’a toujours suivi. Je ne me rappelle pas avoir vu Star Wars pour la première fois, ç’a toujours été présent, nous a raconté Thomas Laroche, 18 ans. C’est un univers qui est très rassembleur, détaillé ; chacun peut y trouver sa petite place. Aussi, chaque génération a ses héros : moi, j’ai été influencé par La guerre des clones, alors que les petits que j’anime en camp d’été grandissent avec Rey et Kylo Ren. »

Thomas Laroche ne s’est pas déplacé à Chicago pour assister à la Star Wars Celebration, ce qui ne l’a pas empêché de suivre les ateliers en direct sur l’internet entre deux cours au cégep de Jonquière. 

« Star Wars, contrairement à Marvel et Harry Potter, n’est pas basé sur des livres. C’est donc assez imprévisible, nous a confié celui qui étudie en production télévisuelle. Aussi, les univers de Marvel et de Harry Potter se raccrochent à quelque chose de réel alors que Star Wars assume complètement sa science-fiction. » 

PHOTO FOURNIE PAR LUCASFILM

Rey (Daisy Ridley) dans une scène de Star Wars : L’ascension de Skywalker

Pour le meilleur et pour le pire ? « Personnellement, je suis moins fâché contre Jar Jar Binks que ne l’est mon père, c’est la même chose pour les Ewoks, a-t-il affirmé avec le sourire dans la voix. On a grandi avec ça, ça ne nous divise pas autant que les fans de la première heure. »

Les « padawans » alimentent donc la flamme, ce qui devrait permettre d’entretenir la passion pendant de nombreuses années encore. « J’ai réalisé avec une panique absolue que j’allais probablement mourir et que Star Wars n’allait pas encore avoir vu de fin, nous a confié Sylvain Morency. Star Wars, c’est ma bouée, et de savoir que ça allait durer encore pour les 20, 30 prochaines années, ça m’a secoué. » 

Sur ce, que la Force soit avec vous.

L’univers Star Wars en expansion

The rise of Skywalker

Le dévoilement de la bande-annonce du neuvième et dernier épisode de la saga Skywalker était l’événement phare de la Star Wars Celebration. Le montage d’un peu moins de deux minutes a enflammé les amateurs, notamment sa conclusion accompagnée du rire tonitruant de l’empereur Palpatine, pourtant jeté dans le vide par Darth Vader il y a plus de 35 ans.

« Si certains puristes ont été déçus des nouveautés extravagantes de Rian Johnson dans The Last Jedi, le monde s’est arrêté quand on a vu l’aperçu de The Rise of Skywalker. Les commentaires étaient unanimes sur la force qui se dégage de cette bande-annonce »,  explique Sylvain Morency, fondateur de Star Wars Geeks Québec.

The Mandalorian

PHOTO DISNEY PARKS/AFP

Le parc Galaxy’s Edge ouvrira le 31 mai à Disneyland et le 29 août à Disney World. Plus que jamais immersive, c’est la plus importante expansion thématique de l’histoire de Disney. 

Plusieurs projets sont en chantier, notamment une nouvelle trilogie pilotée par les producteurs de Game of Thrones, David Benioff et D.B. Weiss, et qui devrait se dérouler à l’époque de l’Ancienne République. Le comédien Diego Luna reprendra par ailleurs son rôle de Cassian Andor, qu’il avait tenu dans le film Rogue One, pour une série diffusée à Disney+. Mais la première locomotive de la nouvelle chaîne en flux continu sera The Mandalorian, série se déroulant dans les premières années de la Nouvelle République – après Return of the Jedi.

« Avec Pedro Pascal dans le rôle-titre et Jon Favreau derrière la caméra, ça promet. C’est tourné de façon western, c’est sombre, ça devrait plaire aux fans de la première génération », estime Thomas Laroche, élève en production télévisuelle.

Jedi Fallen Order

L’univers Star Wars se décline depuis des années dans des jeux vidéo, mais ce média a été plus ou moins utilisé au service de l’histoire. Ce qui devrait changer avec le jeu Jedi Fallen Order, qui doit sortir pour la période des Fêtes. La trame met en scène un jeune padawan qui tente d’achever sa formation tout en sauvant sa peau à la suite de l’Ordre 66, qui a entraîné l’extermination des Jedi à la fin de Revenge of the Sith.

« On a vu quelques images et ça a l’air fantastique. C’est ce que plusieurs gens demandaient : un vrai bon scénario, qui remet l’histoire de Star Wars au premier plan », croit Simon Gauvin, commandant de la Garnison Forteresse impériale.

• Galaxy’s Edge

Disney a bien sûr été très sensible à son jeune public en lançant plusieurs séries animées comme The Clone Wars, Rebels et Resistance – de nouvelles saisons de ces deux dernières séries ont été annoncées à Star Wars Celebration. Mais la nouveauté familiale qui fait trépigner les amateurs est certainement le parc à thème immersif Galaxy’s Edge, qui ouvre ce printemps à Disneyland et à l’automne à Disney World.

« Mon coloc est amateur de La petite vie, il peut se contenter d’une exposition à Pointe-à-Callière… Moi, j’ai la chance de pouvoir compter sur un monde de plusieurs hectares avec des bâtiments et des objets construits pour être fidèles à l’univers que j’aime, c’est fou ! » — Thomas Laroche