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L'accord de rachat du studio Weinstein annulé

Harvey Weinstein... (Photo Chris Pizzello, archives AP)

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Harvey Weinstein

Photo Chris Pizzello, archives AP

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Agence France-Presse
New York

Un consortium d'investisseurs emmené par l'ex-responsable des PME de l'administration Obama a finalement renoncé à acquérir la Weinstein Company, maison de production des frères Harvey et Bob Weinstein, estimant que la transaction n'était «pas faisable», ce qu'a contesté le studio.

C'est un nouveau rebondissement dans la saga que vit ce studio depuis l'éclatement début octobre de l'affaire Harvey Weinstein, accusé de harcèlement, d'agressions sexuelles et de viols.

Il intervient, en effet, moins d'une semaine après l'annonce, jeudi, d'un accord de reprise entre le groupe d'investisseurs mené par Maria Contreras-Sweet, ancienne responsable des PME de l'administration Obama, et la Weinstein Company.

Dans un communiqué mardi, Mme Contreras-Sweet n'a pas précisé les raisons de ce retournement.

Mais selon une source proche du dossier, les acquéreurs potentiels auraient découvert 64 millions de dollars de passif supplémentaire, qui n'avaient pas été évoqués jusqu'ici.

De leur côté, les administrateurs de la Weinstein Company se sont dits «déçus» et ont estimé que l'argument de la découverte d'un passif caché, dont n'a pas parlé publiquement le groupe Contreras-Sweet, était une «excuse».

«La société a été transparente sur sa situation financière désespérée au point d'annoncer son probable dépôt de bilan», ont écrit les administrateurs dans une déclaration transmise à l'AFP.

«Cet acheteur n'avait simplement aucune intention d'aller au bout» de la transaction, ont-ils affirmé.

Ce revers ouvre la voie à un dépôt de bilan du studio, dont l'activité est quasiment à l'arrêt depuis cinq mois.

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Maria Contreras-Sweet

Photo Evan Vucci, archives AP

Dans son communiqué, Maria Contreras-Sweet a d'ailleurs évoqué une telle issue.

«Nous envisagerons l'acquisition d'actifs qui pourraient être disponibles dans l'éventualité d'une procédure de redressement judiciaire», a-t-elle déclaré. «Je suis convaincue que notre vision de créer un studio de cinéma dirigé par des femmes reste la voie à suivre».

«Nous allons continuer à travailler inlassablement, comme nous le faisons depuis des mois, pour déterminer s'il existe une autre possibilité que le dépôt de bilan», a indiqué le conseil d'administration, tout en précisant se préparer à se mettre sous la protection du régime des défaillances d'entreprises.

En début d'année, alors que les discussions semblaient sur le point d'aboutir avec le groupe Contreras-Sweet, le procureur de l'État de New York, Eric Schneiderman, avait fait état de son opposition au projet de reprise en l'état, le bloquant de facto.

Il faisait valoir que les fonds prévus par les acquéreurs potentiels pour dédommager les victimes des abus sexuels d'Harvey Weinstein étaient insuffisants, et que le projet prévoyait de conserver des cadres ayant couvert les agissements du producteur déchu.

La Weinstein Company avait alors annoncé être prête à déposer le bilan, faute d'accord avec le groupe d'investisseurs emmené par Maria Contreras-Sweet et l'homme d'affaires Ron Burkle.

L'offre du groupe Contreras-Sweet était évaluée à 500 millions de dollars, dont 225 millions de dollars de reprise de dette. Il prévoyait également la préservation de 150 emplois et la création d'un fonds d'indemnisation des victimes d'Harvey Weinstein.




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