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Pascale Ferland/Ressac: après la lame de fond

La réalisatrice Pascale Ferland entourée des comédiennes de... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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La réalisatrice Pascale Ferland entourée des comédiennes de Ressac, Clémence Dufresne-Deslières et Nico Lagarde.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

La fermeture d'une usine dans une ville mono-industrielle, c'est comme une lame de fond. Un tremblement de terre de 8,5 à l'échelle de Richter. Après l'impact, la région dévastée se retrouve isolée avec des âmes et un décor sens dessus dessous. Librement inspiré de l'histoire de la Gaspésia à Chandler, Ressac raconte un tel lendemain de tsunami.

Entre 1999, année de la fermeture de la papetière Gaspésia, et 2007, où fut annoncée la mise à mort du projet de relance, les habitants de Chandler ont vécu d'espoir. «Lorsqu'ils ont appris que le projet était abandonné, ils ont ressenti cela comme un second coup de poignard.»

Ainsi s'exprime Pascale Ferland, réalisatrice de documentaires et, pour la première fois, d'un long métrage de fiction avec Ressac.

L'histoire s'amorce dans le sillage de la fermeture de la seule usine (jamais nommée) d'un village (jamais nommé), où Édouard bossait. Forcé à l'exil pour survivre, ce dernier part travailler en ville, laissant derrière lui sa femme Gemma (Nico Lagarde), sa fille Chloé (Clémence Dufresne-Deslières) et sa belle-mère Dorine (Muriel Dutil). L'absence d'Édouard n'est pas un gage de rapprochement entre elles. Et lorsque la mort impromptue de ce dernier leur est communiquée, chacune doit trouver son chemin vers la lumière.

«Nous sommes ici dans un questionnement identitaire, ce qui est très actuel au Québec. Les questions d'identité se retrouvent beaucoup dans le cinéma québécois et dans l'art», dit Pascale Ferland lorsqu'on lui fait remarquer des rapprochements évidents entre son film et d'autres productions récentes.

Le sujet s'est imposé à la cinéaste à la suite de son séjour de cinq mois (pour tourner un court métrage) à Chandler, en 2008. Une rencontre avec une travailleuse sociale qui s'est trouvée au coeur de la tempête émotive lui a permis de saisir l'ampleur de l'impact à la suite de l'exode des travailleurs.

La structure de son scénario a été construite à l'avenant. «Le titre du film est dans la métaphore, dit la cinéaste. Sa structure est faite comme une vague très forte qui arrive pour ensuite se retirer. Et ainsi de suite.»

Chloé: l'espoir

Chloé est le personnage central du film. C'est avant tout à travers ses yeux, sa réalité, ses désirs que l'histoire des trois femmes se décline.

«Je représente l'avenir, dit la comédienne Clémence Dufresne-Deslières qui a tourné ce film à 17 ans. Je suis celle qui veut s'en sortir, peu importe les moyens. Et pour Chloé, ça survient au moment de son bal de graduation. La fin du secondaire, c'est un moment de rupture.»

Après avoir joué Sarah, une écorchée vive, dans le long métrage Avant que mon coeur bascule de Sébastien Rose, la comédienne rejoue ici le rôle d'une jeune femme pour qui rien n'est facile. Mais sa Chloé possède plus de volonté de tracer son chemin. «Sarah était abandonnée, fait remarquer Clémence. Alors que Chloé est plus encadrée. Elle a beaucoup de caractère, elle est entêtée et elle sait ce qu'elle veut.»

De son côté, Nico Lagarde ne peut que remercier Pascale Ferland pour le contre-emploi. «Au cinéma, on a tendance à me donner des rôles de femme douce, dit-elle. Or, ici, je me trouve dans la position d'une femme qui à la fois cherche l'approbation de sa mère et peine à communiquer avec sa fille. Elle a une certaine dureté, une colère intérieure. Malgré cela, elle tient à certaines choses. Comme le fait que sa fille termine son secondaire.»

Ressac a été tourné au printemps 2012 à Chandler, juste avant que les bâtiments de la Gaspésia soient rasés. En plus d'inclure leur silhouette dans quelques plans larges, Pascale Ferland a fait quelques prises à l'intérieur de l'usine. Des gens de la place ont été embauchés pour de petits rôles ou de la figuration. Mme Ferland y tenait. «Je ne voulais pas me servir de Chandler comme décor de cinéma. Je voulais que les gens participent», dit-elle.

Évidemment, c'est dans cette municipalité qu'a eu lieu la première mondiale, en présence de toute l'équipe. «Les gens étaient très émus et c'était très émouvant de les voir ainsi», observe Clémence Dufresne-Deslières.

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Ressac prend l'affiche le 20 décembre.




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