La conduite d'un véhicule automobile nécessite un apprentissage de la part de tout conducteur. Conduire un véhicule d'urgence exige des connaissances encore plus poussées en matière de maîtrise du volant. Afin de parfaire la formation reçue par les cadets à l'École nationale de police de Nicolet, la Sûreté du Québec oblige ses nouveaux patrouilleurs à suivre une formation pointue avant de s'installer au volant d'une de ses voitures.

Raymond Gervais LA PRESSE

Plusieurs des techniques de conduite enseignées aux jeunes agents peuvent servir à tout conducteur. Il s'agit d'acquérir de bonnes techniques de conduite, de positionnement derrière le volant, d'apprendre à déceler les dangers que cache la route et de savoir comment réagir lors d'une situation d'urgence.

Le sergent Roberto Reggi, instructeur-chef en conduite à la SQ, explique que différentes formations (26 au total) sont dispensées aux policiers selon leur affectation. Si un patrouilleur routier reçoit une formation plus générale, un membre affecté à la surveillance physique d'une personnalité, à la filature ou au groupe tactique d'intervention devra suivre un cours de conduite avancée. Parmi les cours les plus utiles, mentionnons les cours de conduite sur chaussée glissante, la technique de courbe, le freinage, comment éviter un obstacle et l'importance du point d'appui avec le pied gauche pour le chauffeur.

«Le but de ces formations, données à la piste de Sanair à Saint-Pie, consiste à fournir à l'agent les outils nécessaires à un travail efficace et sécuritaire», précise pour sa part l'agent Sylvain Lamontagne, instructeur de conduite.

Les patrouilleurs doivent d'abord prendre conscience du phénomène de perception et de réaction, c'est-à-dire entre le moment où un automobiliste perçoit un danger et le temps qu'il met pour réagir, puis immobiliser son véhicule.

Un véhicule filant à 100 km/h parcourt 28 mètres par seconde et mettra en moyenne 100 mètres avant d'en arriver à un arrêt complet.

«Lorsqu'un automobiliste perçoit un danger, son temps de perception est de trois quarts de seconde. Pendant ce temps, le véhicule qu'il conduit parcourt 21 mètres. Après avoir perçu le danger, le chauffeur met encore trois quarts de seconde à réagir. Le véhicule poursuit alors sa trajectoire durant encore 21 mètres avant que le chauffeur n'applique les freins. Avant d'en arriver à un arrêt complet, le véhicule dont la vitesse est de 100 km/h poursuivra sa course sur encore 50 mètres», précise l'instructeur de conduite.

«Plus la vitesse est grande, plus la distance avant l'arrêt sera importante. Par exemple, un véhicule qui circule à 200 km/h aura besoin de 200 m pour s'immobiliser», ajoute M. Reggi.

Ces données sont valables en conditions idéales de conduite, ce qui est rarement le cas. La température, l'état de la chaussée, les pneus et la mécanique du véhicule sont autant de facteurs à considérer. Des trois quarts de seconde nécessaires pour percevoir un objet, additionnés au temps de réaction, on peut facilement passer à 1,2 seconde pour l'automobiliste moyen, ce qui augmente d'autant la distance parcourue avant d'arriver à un arrêt complet. La fatigue, l'alcool et les médicaments peuvent aussi augmenter le temps de perception et de réaction d'un automobiliste.

Regarder loin devant soi, toujours prévoir une porte de sortie et éviter de suivre de trop près le véhicule qui vous précède sont la base d'une conduite sécuritaire.